L’accueil des personnes sans abri se détériore fortement l’été

Lutte contre les exclusions

Pour la Fnars, il est « urgent d’agir pour redonner des perspectives aux personnes sans abri ».

Présentés fin septembre par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui regroupe 870 associations de solidarité, les résultats du baromètre estival du 115, qui couvrent la période allant du 1er juillet au 31 août 2014, montrent que l’accueil des personnes sans abri se détériore fortement l’été. « Manque de places, fermeture de structures, réduction des effectifs des écoutants : en été, les moyens sont au plus bas », énumère la Fnars. C’est bien, selon la fédération, l’autre réalité de la « gestion au thermomètre », avec une ouverture de places quand il fait froid et leur fermeture au printemps. « Faut-il pourtant rappeler que la mortalité des sans abri est aussi élevée l’été que l’hiver ? », demande la Fnars.
 

Plus d’une personne sur deux laissée à la rue

Cet été, plus de la moitié (56 %) des personnes qui ont sollicité le 115 n’ont pas été hébergées suite à leurs différentes demandes, dans les 37 départements étudiés dans le baromètre 115 de la Fnars. La situation s’est fortement dégradée depuis l’hiver, avec une augmentation de 13 % des personnes qui ne sont jamais hébergées, à cause du manque de places, fermées depuis le printemps, déplore la fédération.
 

Le danger d’un recours systématique à l’hôtel

En conséquence, le recours à l’hôtel devient, plus que jamais, une variable d’ajustement face à l’inadaptation de la politique à l’égard des personnes sans abri.

Le baromètre du 115 enregistre ainsi une hausse de 85 % du recours à l’hôtel par rapport à l’été 2013 et de 11 % par rapport à l’hiver 2014 ! « Cette réalité contrevient précisément à la volonté affichée du gouvernement d’en faire une solution limitée aux territoires les plus tendus », souligne la Fnars.

À cela vient s’ajouter l’annonce d’un décret d’avance de 56 millions d’euros dédiés aux places hôtelières qui seraient financés par une ponction sur le budget des aides à la pierre (à hauteur de 28 millions d’euros) et du logement accompagné (à hauteur de 11 millions d’euros). « Le recours à l’hôtel est non seulement coûteux mais surtout inadapté car les personnes sont, certes, mises à l’abri, mais ne bénéficient d’aucun suivi social, analyse la fédération. Une chambre d’hôtel n’est, en aucun cas, un cadre favorable à l’accueil durable d’une famille ».

« La fin d’année s’annonce difficile. Il est donc urgent d’agir pour redonner des perspectives aux personnes sans abri, ainsi qu’aux travailleurs sociaux des 115 et de la veille sociale », conclut la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).
 

Source : Baromètre 115. Données estivales du 1er juillet au 31 août 2014, Fnars, septembre 2014

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