Un plan d’action pour « valoriser » le travail social et moderniser la formation

Lutte contre les exclusions

Le gouvernement a présenté mercredi en Conseil des ministres un plan d’action pluriannuel destiné à « valoriser » le travail social, prévoyant une modernisation de la formation, une meilleure reconnaissance des diplômes et la relance du projet de « dossier social unique ».

Ce plan interministériel est l’aboutissement d’« états généraux du travail social » lancés en janvier 2013 en concertation avec les départements et les régions, en vue de « simplifier l’accès aux droits des personnes » et « mieux reconnaître et valoriser les travailleurs sociaux », selon le compte-rendu du conseil des ministres. Il a été présenté par Marisol Touraine (Affaires sociales) et Ségolène Neuville (Lutte contre l’exclusion).

La France compte 1,2 million de travailleurs sociaux, dont quelque 700 000 diplômés. Les travailleurs sociaux dont les diplômes sont actuellement reconnus comme Bac + 2 (assistants de service social, éducateurs spécialisés ou de jeunes enfants), alors que leur formation se déroule sur trois ans, seront élevés au niveau licence à compter de 2018, selon le plan d’action. Ils sont actuellement plus de 130 000 dans ce cas, dont la moitié exercent dans la fonction publique. Ces derniers passeront de la catégorie B à A, mieux payée, à partir de la même date.

Les passerelles entre formations sociales et universitaires seront facilitées, et à cette fin les programmes seront adaptés par voie réglementaire. Les modalités de délivrance des diplômes d’État seront « revues pour donner plus d’autonomie » aux établissements de formation, qui devront respecter un cahier des charges partagé État-régions, fixant des exigences de qualité. À compter de 2020, les établissements qui n’auront pas répondu aux critères du cahier des charges ne seront plus agréés pour la délivrance de diplômes d’État. Les formations, actuellement distinctes pour les 14 métiers du travail social, seront revues pour comprendre un « corpus de connaissances communes », avec ensuite des modules de spécialisation (aide sociale à l’enfance, logement, famille, petite enfance, handicap…).

Le plan d’action en faveur du travail social et du développement social prévoit de « simplifier l’accès aux droits des personnes en recentrant le travail des intervenants sociaux sur leur cœur de métier, l’accompagnement », selon le compte-rendu. L’accueil de proximité sera ainsi amélioré, afin de pouvoir orienter au mieux les personnes vers les services compétents (accès au logement, au RSA…). La mise en place d’un « référent de parcours », chargé de la coordination entre les différents intervenants comme le fait le médecin traitant dans le parcours de soin, sera expérimentée dans plusieurs départements.  Afin de faciliter le travail en réseau, les travailleurs sociaux pourront partager des informations sur les personnes accompagnées, avec l’accord préalable de ces dernières. Cette question fera l’objet d’une conférence de consensus nationale.

Le chantier du « dossier social unique » sera relancé, afin de ne recueillir qu’une seule fois les principales informations requises pour l’ouverture des droits et le suivi des personnes.

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