PORTRAITS
D'ACTEURS PUBLICS

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  qui donnent de l'élan à l'action
  publique."

Karen Nielsen

Directrice adjointe de la culture au Conseil régional Sud Provence Alpes Côte d’Azur

Karen Nielsen, Directrice adjointe de la culture au Conseil régional Sud Provence Alpes Côte d’Azur

Crédit photo : Droits réservés

à propos de

Prénom : Karen

Nom : Nielsen

Fonctions : Directrice adjointe de la culture


Organisme : Conseil régional Sud Provence Alpes Côte d’Azur

« La richesse du service public c’est justement son mode de fonctionnement, qui repose sur la définition de valeurs communes, et donc d’une « pierre de touche » à l’aune de laquelle évaluer les actions engagées. »

Quelles sont vos fonctions actuelles ?

Karen Nielsen : Je suis Directrice adjointe de la culture au Conseil régional Sud Provence Alpes Côte d’Azur.

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours professionnel ?

Karen Nielsen : J’ai commencé ma carrière comme inspectrice à la Société Générale, un métier exigeant supposant mobilité, curiosité et capacité d’adaptation. J’ai ensuite souhaité (déjà) m’ancrer sur un territoire, au plus près de ses acteurs économiques et suis devenue responsable d’une clientèle d’entreprises, à Nice puis à Aix-en-Provence. Travailler aux côtés de chefs d’entreprises, comprendre leur modèle économique, financer leurs projets, animer un réseau d’agences sur les sujets liés à l’économie ont constitué une étape importante de mon parcours. Après quelques années, cependant, j’ai ressenti le besoin de renouer avec ce qui m’avait nourri pendant mes années de formation et, dans le cadre d’une démarche personnelle, j’ai obtenu un master de philosophie à l’université en cours du soir. Cela a été en quelque sorte un déclencheur car cela m’a amenée à souhaiter concilier ma connaissance du secteur économique avec un goût prononcé pour les choses de l’esprit et de la culture. J’ai alors quitté la banque pour développer une activité de conseil en mécénat et en partenariats qui m’a permis, pendant dix ans, de jeter les ponts entre les acteurs de deux secteurs, la culture et l’économie, qui se connaissent peu tout en œuvrant ensemble au dynamisme de nos territoires.

Forte de cette expérience, j’ai ensuite souhaité pouvoir réintégrer un collectif de travail et m’impliquer dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques en réussissant le concours d’administrateur territorial.

Mon premier poste, passionnant, m’a conduit à accompagner les processus de transfert de compétences à la Métropole Aix-Marseille-Provence au sein de la DGA Finances, avant de renouer avec le fil conducteur de mon parcours, la culture, en devenant Directrice adjointe de la culture au Conseil Régional Sud Provence Alpes Côte d’Azur.

Citez le projet qui vous a le plus marqué et dont vous êtes le plus fier ?

Karen Nielsen : Le développement d’un pilotage de projet autour des transferts de compétences des 92 communes de la Métropole Aix-Marseille-Provence, et du processus d’évaluation des charges transférées, en interaction avec les communes elles-mêmes et les services de la Métropole et de ses territoires, le tout en moins d’un an !

Avez-vous un rêve que vous souhaiteriez concrétiser ?

Karen Nielsen : Le grand enjeu de toutes les politiques publiques, mais aussi de toute inscription individuelle dans une démarche de vie, me semble désormais celui de la transition écologique : c’est la question de la façon dont nous habitons un lieu (un territoire, la terre) avec les autres êtres vivants. Oikos, qui a donné l’éco-logie comme l’éco-nomie, c’est en grec, le foyer, la maisonnée. Cette question devrait travailler l’ensemble des politiques publiques désormais.

Or il me semble que la parole scientifique, celle des experts et des penseurs, peine à embrayer sur cette réalité, à entraîner la conviction et le changement des comportements. Je pense que la culture et la création artistique ont un rôle essentiel à jouer pour rendre sensibles ces sujets, qui dépassent le recyclage des gobelets (pourtant si nécessaire) dans les festivals. Beaucoup d’artistes s’en emparent déjà. Dans le meilleur des mondes possibles, mon rêve serait de voir émerger un grand événement participatif qui tisse les différents niveaux de parole (scientifique, politique et poétique) et rende ces enjeux sensibles à tous.

Comment décririez-vous votre engagement personnel en tant qu’acteur public ?

Karen Nielsen : L’horizon des décisions publiques me semble plus complexe que celui des décisions dans le domaine privé dans la mesure où il n’y a pas de mécanismes autorégulateurs tel que le prix et la rentabilité, qui permettent de fixer des caps simples... mais réducteurs. La richesse du service public c’est justement son mode de fonctionnement, qui repose sur la définition de valeurs communes, et donc d’une « pierre de touche » à l’aune de laquelle évaluer les actions engagées. De plus en plus, cela pose le défi de la complexité qu’il faut sans cesse relever, pour sortir de solutions parfois évidentes mais qui ne résistent pas à l’analyse. Ce rôle de remise en perspective et d’aide à la décision est pour moi essentiel. Il va de pair avec l’évaluation, car on apprend autant voire plus de ses erreurs que de ses réussites.

Quelles sont les qualités essentielles inhérentes à vos fonctions ?

Karen Nielsen : La première serait l’énergie, une énergie suffisante pour impulser une dynamique et fédérer autour. La seconde serait le recul, la hauteur de vue, pour garder le cap et hiérarchiser les enjeux, donner des priorités.

Quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ?

Karen Nielsen : La résilience est quelque chose d’important dans un parcours. La première rencontre déterminante a été celle d’un manager qui gérait à l’affect... et qui m’a prise en grippe... au tout début de mon parcours professionnel. Cela a été très dur à vivre mais avec le recul, ce personnage m’a poussée hors de la banque et rétrospectivement, il m’a donné le courage d’inventer mon parcours en quittant le « confort » du poste que j’avais.

Ensuite, j’ai eu la chance de rencontrer des gens pour lesquels « dire, c’était faire ». Des personnes engagées. Cela a notamment été le cas de Jean-Michel Djian, Directeur à l’époque d’un master de gestion de projets culturels à Paris VIII, et dont la générosité et l’enthousiasme ont été déterminants. Qu’il soit ici salué.

Quels sont les deux changements les plus importants qui ont impacté votre carrière ?

Karen Nielsen : Un changement généralisé, qui est celui d’une époque : celle des réseaux et de la dématérialisation, voire même de la désincarnation (de nos relations avec les autres, des services publics, etc.) qui fait que partout et pour tout, comme le dit la philosophe et désormais académicienne Barbara Cassin, la qualité devient une propriété émergente de la quantité. Le formuler, c’est déjà, un peu, remédier à cette situation. Dans la banque, j’ai vécu la mise en place progressive du scoring pour analyser les dossiers... et je vois que l’évaluation quantitative progresse désormais partout. La recherche de sens n’en devient que plus prégnante, et le retour au « réel » plus urgente… garder le contact avec le terrain est un impératif quotidien.

Le second changement porte sur la diffusion des nouveaux outils : internet, téléphone mobile, etc. modifient considérablement notre façon de travailler, d’interagir avec les autres. L’information est partout disponible en grande quantité. Reste qu’il devient de plus en plus complexe de la trier pour ramener la complexité à quelque chose de compréhensible, sur lequel faire peser le poids d’une décision.

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