PORTRAITS
D'ACTEURS PUBLICS

"Découvrez les personnalités
  qui donnent de l'élan à l'action
  publique."

Séverine Bellina

Chercheuse-consultante indépendante sur l'action publique à l'ère des transitions démocratiques et écologiques

Séverine Bellina

Crédit photo : Droits réservés

à propos de

Prénom : Séverine

Nom : Bellina

Fonctions : Chercheuse-consultante indépendante sur l’action publique à l’ère des transitions démocratiques et écologiques


Fonctions annexes : Membre du Réseau Service public

« Celles et ceux qui ont concrètement orienté et souvent motivé ma pratique professionnelle sont les agents et les élus locaux. Leur dévotion, leur créativité, et leurs visions sont autant d'espoirs. Nous avons en commun le service public comme passion. »

Quelles sont vos fonctions actuelles ?

Séverine Bellina : Je suis chercheuse-consultante indépendante sur l'action publique à l'ère des transitions démocratiques et écologiques. Je suis également membre du Réseau Service public.

J'interviens auprès des acteurs locaux publics, dont les élus, et leurs partenaires. Je propose des conseils en stratégies politiques, le montage et l'animation de séminaires (internes) de réflexion, et de forma(c)tions, la capitalisation de pratiques, la réalisation et l'écriture de livres blancs, de rapports et d'études.

Je conduis également des recherches-action et participe à des réflexions sur l'évolution des organisations publiques locales. Ainsi, avec la crise sanitaire que nous vivons, je travaille sur des retours d'expériences d'agents et de collectivités. Il s'agit d'identifier et d'analyser les pratiques développées pendant la crise pour en tirer des pistes de changement notamment en termes de ressources humaines, de processus décisionnels, de définition des priorités (métiers, missions), d'intelligence collective et d'ouverture.

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours professionnel ?

Séverine Bellina : Avec mon doctorat en Administration publique je me spécialise sur les questions de gouvernance démocratique, en particulier la gouvernance locale et la réforme de l'État. Après ma première mission pour la Commission européenne, dans un cabinet de consultance bruxellois, je suis recrutée par le Programme de Développement des Nations Unies. Je suis en poste en Afrique de l'ouest et à Olso. Puis, j'intègre le ministère français des Affaires étrangères à Paris. Je deviens ensuite directrice de l'Institut de recherche et débat sur la gouvernance. En parallèle, j'écris et j'interviens dans des conférences et formations sur la coproduction de l'action publique.

Citez le projet qui vous a le plus marqué et dont vous êtes le plus fier ?

Séverine Bellina : Je peux sincèrement dire que j'ai été marquée par tous les projets que j'ai conduits sur le terrain. Je me souviens notamment de la puissance de rencontres pluriacteurs et de l'efficacité sociale des projets impliquant les acteurs locaux.

Néanmoins, je reste particulièrement marquée par une expérience spécifique. Ma contribution à l'élaboration d'une position française en matière de gouvernance démocratique pour la coopération au développement, au sein du ministère des Affaires étrangères. Participer à l'élaboration d'une politique publique, de sa définition à sa mise en œuvre, en passant par les concertations et sa validation institutionnelle ainsi que son plaidoyer, est une aventure exaltante.

En deux ans, nous avons construit, à l'interministériel, avec la société civile, l'université et les partenaires des pays récipiendaires, une politique « innovante ». Nous sommes passés d'une logique de transfert de modèle institutionnel à celle de partenariat et de participation. En effet, ce qui semble presque évident aujourd'hui ne l'était pas il y a 15 ans. Prendre en compte les populations, la société civile organisée, les associer à la définition des politiques qui les concernent, co-élaborer celles-ci, travailler à des gouvernances démocratiques légitimes du local au national est le résultat d'un lent processus de changement. Processus dans lequel d'ailleurs, les acteurs publics locaux ont eu un rôle fondamental.

Avez-vous un rêve que vous souhaiteriez concrétiser ?

Séverine Bellina : Ouvrir un espace de recherche-action-formation dédiée à l'action publique locale. Il réunirait cadres, agents, élus, experts, universitaires, organisations de la société civile et entreprises. Il allierait solidité et rigueur scientifiques, expertise et savoirs des pratiques.

C'est un objectif que je partage avec plusieurs collègues. Nous le voyons comme un réseau au plus près des territoires et des acteurs pour co-définir et mettre en œuvre des solutions idoines, sans oublier l'interaction avec les autres territoires et échelons d'action publique.

Mon rêve serait que dans ce réseau, naissent et se développent une pensée ainsi que de l'outillage sur le service public local du nouveau monde. Ce monde du développement humain durable qui émerge depuis des décennies et dans lequel nous avons (enfin) concrètement été projetés avec la crise sanitaire de 2020.

Comment décririez-vous votre engagement personnel en tant qu'acteur public ?

Séverine Bellina : Générer de l'hybridation dès que je peux. Cela me définit autant comme citoyenne que comme professionnelle. C'est le terme que j'utilise pour parler de la coproduction, à savoir des dynamiques d'intelligence collective qui produisent un résultat partagé, en l'occurrence une régulation sociale ou politique publique.

Mon approche de l'action publique repose sur les interactions constructives entre les acteurs institutionnels et politiques, les organisations de la société civile, les citoyens et le secteur privé lucratif. J'ai pu évoluer auprès de ces différents acteurs et ce à tous les échelons, (local, national et international). Je connais leurs défis, leurs modes de fonctionnement et leurs codes réciproques. Les ouvrir réciproquement et les faire interagir m'anime au quotidien.

En tant que professionnelle cette ADN se traduit, en plus, par un réflexe d'apport de croisements de regards, de pratiques et de références d'autres acteur.e.s et/ou d'autres échelons.

Quelles sont les qualités essentielles inhérentes à vos fonctions ?

Séverine Bellina : Rigueur intellectuelle, curiosité et créativité, lesquelles permettent à la fois réflexivité et adaptabilité. Mais l'essentiel réside dans l'humain sa prise en compte et sa relation, pour servir avec humilité et ne pas oublier le sens.

Quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ?

Séverine Bellina : En tant que juriste, ma rencontre avec la sociologie des organisations ainsi que l'anthropologie (politique et juridique) ont été déterminantes. J'ai en effet eu la chance d'avoir été initiée au droit par l'interdisciplinarité grâce à mon co-directeur de thèse. Je reste également marquée par les écrits du Professeur Michel Alliot du Laboratoire d'Anthropologie Juridique de Paris. Ce fut le terreau de ma conception vivante et plurielle du droit et de l'institution, qui se définissent en permanence dans leurs relations avec les pratiques et les sociétés.

En tant que professionnelle, j'ai eu la chance de rencontrer une très grande diversité de personnes. Toutes m'ont enrichie et fait évoluer humainement et professionnellement.

Je pense à Stéphane Hessel, Henrique Pereira Rosa, ancien président de la République de Guinée Bissau issu de la société civile. Des personnalités dont l'aura suffit en elle-même à vous éclairer sur le sens de l'Humanité et de l'action publique.

Mais celles et ceux qui ont concrètement orienté et souvent motivé ma pratique professionnelle sont les agents et les élus locaux. Leur dévotion, leur créativité, et leurs visions sont autant d'espoirs. Nous avons en commun le service public comme passion.

Quels sont les deux changements les plus importants qui ont impacté votre carrière ?

Séverine Bellina : Le numérique et l'intelligence artificielle. Comme beaucoup d'entre nous. Leur impact est fascinant. Il change nos façons de travailler mais aussi les perspectives. Elles sont stimulantes dans mon domaine. Elles interrogent le rôle de l'interaction humaine qui est au cœur du service public et de la gouvernance démocratique.

La transition écologique et sociale. Je l'ai découverte aux Nations Unies dès 2000 avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Mais c'est plus tard qu'elle a concrètement révolutionné mon activité, depuis l'Institut à partir de 2011. Elle s'impose comme le paradigme de l'action publique. Elle rend incontournable les collectivités locales et leurs alliances ainsi que les territoires et les acteur.e.s locaux. C'est un formidable chantier qui s'ouvre à nous.

Tous les portraits

Club des portraits d'acteurs publics

Rejoindre le club des portraits d'acteurs publics ?

Si vous souhaitez proposer votre candidature ou celle d'une personnalité, contactez nous !