La santé dentaire des enfants, marqueur d’inégalités sociales

Santé

Selon une récente étude, à l’instar du surpoids et de l’obésité, la santé bucco-dentaire demeure un marqueur d’inégalités sociales. Et ce, dès le plus jeune âge.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales et de la Santé a publié, cet été, une étude intitulée : « Santé bucco-dentaire des enfants : des inégalités dès le plus jeune âge », publiée en juillet 2013.

Principal constat : à l’instar du surpoids et de l’obésité, la santé bucco-dentaire reste un marqueur d’inégalités sociales dès le plus jeune âge. « Si la situation s’améliore nettement depuis vingt ans, des disparités selon le milieu social des parents se sont maintenues, tant sur l’état de santé bucco-dentaire que sur le recours au dentiste », pointent les auteurs de l’étude.

En 2006, à l’âge de 6 ans, 7 enfants d’ouvriers sur 10 n’avaient jamais eu de caries, contre 9 enfants de cadres. Rappel : la Haute Autorité de santé (HAS) préconise une visite annuelle chez le dentiste dès l’apparition des dents de lait. Or, le recours aux soins dentaires des enfants se révèle inférieur à cette recommandation.

Selon l’enquête Handicap-Santé de 2008, seuls 70 % des 5-15 ans avaient consulté un chirurgien-dentiste au cours des douze derniers mois. Toutefois, ce pourcentage masque, à la fois, des inégalités sociales et territoriales. En effet, 8 enfants de cadres sur 10 ont consulté un dentiste dans l’année, contre seulement 6 enfants d’ouvriers.

Ces écarts de recours se traduisent par un repérage plus tardif des caries. Ainsi, en maternelle, à l’examen de santé scolaire obligatoire, 4 % des enfants de cadres ont au moins une carie non soignée, contre près d’un quart (23 %) des enfants d’ouvriers ! Par ailleurs, les enfants scolarisés dans les DOM présentent deux fois plus souvent des dents cariées non traitées qu’en métropole, note l’étude.

Ces inégalités sociales dans l’enfance sont pénalisantes pour la santé bucco-dentaire, insistent les auteurs de l’étude.

D’une part, les habitudes de soins et de suivi régulier non prises dans l’enfance auront plus de mal à s’acquérir à l’âge adulte.

D’autre part, une identification précoce des problèmes dentaires permet d’éviter des traitements lourds et coûteux. Enfin, la mauvaise santé bucco-dentaire peut avoir des conséquences graves sur l’état de santé général, physique comme psychologique (maladies cardio-vasculaires, obésité…).

Pour remédier à ces inégalités, l’Assurance-maladie a lancé, en 2007, le programme de prévention « M’T’Dents ». Celui-ci propose des consultations gratuites à différents âges de l’enfance et de l’adolescence (à 6, 9, 12, 15 et 18 ans). En cas de nécessité de soins, les frais doivent être avancés (sauf à 6 et 12 ans), mais sont pris en charge à 100 %, s’ils sont réalisés dans les neuf mois qui suivent la visite (hors prothèse, orthodontie ou appareil dentaire).

La HAS recommande la participation de tous les enfants et adolescents à ce programme. En 2010, près des trois-quarts des enfants de 6, 9 et 12 ans ont bénéficié de ce dispositif. « Mais, là encore, des écarts existent entre groupes sociaux », déplore l’étude de la Drees.

 

Pour aller plus loin : « Santé bucco-dentaire des enfants : des inégalités dès le plus jeune âge », Études et résultats n° 847, juillet 2013

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