Le collectif des sages-femmes toujours mobilisé après 6 mois de grève

Santé

Opérations escargots à Marseille et Toulouse, rassemblement à Rennes, réunion à la Mairie de Paris et de Nancy : le collectif des sages-femmes était toujours mobilisé jeudi, déçu par une récente circulaire ministérielle qui reste, selon lui, sourde à ses revendications.

En grève depuis le 16 octobre, ce collectif assurait que 70 % des maternités étaient en grève jeudi pour réclamer la reconnaissance de leur métier et l’obtention d’un statut sur le modèle de celui des médecins (praticiens hospitaliers), synonyme de sortie de la Fonction publique. Jusqu’ici les grèves des sages-femmes n’ont pas entraîné de grandes perturbations puisque dans les maternités et hôpitaux, elles peuvent être assignées pour assurer le suivi des patientes.

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a pourtant tranché sur cette question début mars, en promettant un statut médical pour les sages-femmes à l’hôpital qui resteront au sein de la fonction publique hospitalière, une mesure saluée par l’intersyndicale de sages-femmes hospitalières. Ce statut n’est pas encore officialisé et doit l’être « rapidement », selon une circulaire ministérielle sur les sages-femmes du 10 avril adressée aux Agences régionales de santé et aux directeurs de CHU. En outre, « des supports de communication destinés aux professionnels et aux femmes » doivent être diffusés. Ils sont en « préparation et concertation pour mieux faire connaître la place des sages-femmes dans le système de santé », précise la circulaire.

Depuis mars « rien n’avance, rien n’est proposé, rien ne va changer », s’inquiète Caroline Raquin du collectif qui réunit des sages-femmes du public et des libérales. « Les sages-femmes libérales n’ont toujours pas l’assurance d’être inscrites dans un parcours de santé pour la prise en charge des soins primaires des femmes. Les enseignantes sages-femmes et les étudiants restent dans un flou juridique », dit le collectif. De son côté, l’Ordre des sages-femmes s’est interrogé jeudi dans un communiqué « sur la mise en œuvre effective des mesures énoncées », notamment la question des « unités physiologiques gérées par les sages-femmes – demande unanime de la profession ». Sur ce point, l’Ordre se dit « préoccupé » car la circulaire ne fait pas des sages-femmes le responsable unique de ces unités consacrées aux accouchements sans complication, comme le demandait la profession. L’Ordre se réjouit toutefois d’un point : le fait que la circulaire notifie que la profession sera désormais gérée par la direction en charge du personnel médical et non plus par la hiérarchie paramédicale.

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