Domaines d'expertise
Biographie professionnelle
Directeur d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux à la retraite, Jérôme Evain a occupé plusieurs postes de direction dans sa carrière, notamment ceux de directeur chef d’établissement d’hôpitaux locaux ou de directeur d’Ehpad.
Il a également été directeur adjoint d’un foyer de l’enfance chargé des fonctions support.
Il a, tout au long de sa carrière, exercé des fonctions à responsabilité dans les trois fonctions publiques.
Il occupe aujourd’hui son temps libre au service d’une association d’aide et d’accompagnement à domicile.
Publications récentes
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Fiche pratique
Se sentir « chez soi » en Ehpad
La crise liée au Covid-19, parce qu’elle a durement touché les résidents des Ehpad et conséquemment leurs familles et les personnels qui les accompagnent, a engendré un questionnement sur ce qu’étaient devenus ces établissements, comment ils fonctionnaient, quels publics ils accueillaient. On sait que les personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps possible à domicile. De même, tout le monde est convaincu (et les enquêtes d’opinion à ce sujet le montrent) que les formules alternatives d’hébergement peuvent et doivent se développer, de la résidence seniors à l’habitat « API » (accompagné, partagé et inséré dans la vie locale), tel que décrit dans le rapport Piveteau-Wolfrom de 2020. Cependant, la très forte progression du nombre de personnes âgées dépendantes à partir de 2030 ne permet aucun doute (les personnes en perte d’autonomie seront 2,2 millions en 2050 contre 1,3 million en 2017) : les Ehpad continueront de constituer l’offre centrale dans la prise en charge des personnes les plus touchées par la perte d’autonomie, notamment psychique. La question est donc de trouver les moyens pour que les établissements puissent évoluer et s’adapter afin de répondre aux nouveaux besoins des personnes âgées de demain et notamment à l’exigence « domiciliaire », qui doit permettre de se sentir « à domicile » en établissement. « Mobiliser de nouveaux concepts pour penser l’établissement » est d’ailleurs ce que préconise la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) en 2018 dans sa démarche prospective Pour une société inclusive, ouverte à tous (cf. Bibliographie). Il faut rappeler que plusieurs études internationales mettent en avant l’intérêt et les bénéfices de la domesticité, du « comme à la maison » en institution, qui permet aux personnes accueillies de préserver – au moins en partie – leur autonomie, malgré la survenue de la dépendance, et de conserver leur statut d’habitant avec un rôle social. Cette nouvelle approche, qui rompt avec l’approche hospitalière ou hôtelière, requiert de nouvelles pratiques et une réflexion dans la prise en charge. Nous aborderons à travers cette fiche l’évolution du droit des usagers ces vingt dernières années, la déclinaison pour « être chez soi » en Ehpad et, enfin, les moyens pour être un habitant citoyen plutôt qu’un résident.
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Fiche pratique
La gestion de l’urgence en Ehpad
Depuis quelques années, l’entrée en Ehpad pour les personnes âgées est associée à la dépendance lourde, à l’impossibilité de rester en toute sécurité à son domicile. On sait que l’entrée en établissement se fait de plus en plus tard (86 ans et 6 mois en moyenne) pour des séjours qui ne durent que deux ans et demi en moyenne. La présence de ce public de plus en plus dépendant entraîne pour le personnel des difficultés grandissantes dans la prise en charge. Les chutes sont nombreuses (1,7 chute par lit et par an en Ehpad en 2020 contre 0,65 au domicile), les situations inhabituelles auxquelles il faut faire face se multiplient dans un contexte de services d’urgence trop souvent saturés à l’hôpital, alors que les temps d’attente et/ou de transfert aux urgences sont parfois inadaptés pour une personne âgée et que les liens sont encore insuffisants entre les Ehpad, les structures d’urgence et les filières gériatriques. Par ailleurs, nous vivons depuis la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé dans une logique de parcours. Cette logique, qui s’oppose à la logique d’établissement que l’on connaissait jusqu’alors, se traduit dans le secteur des personnes âgées par la mise en place de dispositifs tels que le dispositif Paerpa (personnes âgées en risque de perte d’autonomie) qui a pour objectif de maintenir la plus grande autonomie le plus longtemps possible dans le cadre de vie habituel de la personne. La gestion de l’urgence en Ehpad s’inscrit donc aujourd’hui dans le cadre de cette logique de parcours, d’échange d’informations sur le résident entre les différents acteurs de la prise en charge avec pour ambition une plus grande sécurité pour le résident, mais aussi pour éviter les hospitalisations inutiles. De nouveaux outils ont été élaborés ces dernières années, puis améliorés et adaptées aux situations nouvelles que nous connaissons en Ehpad. C’est le cas du document de liaison d’urgence (DLU) qu’il faut mettre à jour régulièrement pour transmettre des informations complètes et pertinentes sur la pathologie du résident. Nous aborderons à travers cette fiche les origines et le cadre d’utilisation du DLU puis sa composition et enfin, les différentes modalités de gestion d’une situation d’urgence en Ehpad.
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Fiche pratique
Mener un projet d’habitat inclusif
Les personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie liée à l’âge ont longtemps été confrontées à des choix difficiles reposant sur une logique binaire lorsque la question du maintien à domicile en complète autonomie commençait à se poser : rester au domicile en activant toutes les aides envisageables, au risque de se retrouver progressivement en situation d’isolement social ; intégrer un Ehpad en renonçant à un logement autonome. Un nombre croissant de personnes en situation de handicap et de personnes âgées souhaite désormais choisir son habitat et les personnes avec qui le partager. Elles expriment une demande d’aide, d’accompagnement et de services associés au logement, dans un environnement adapté et sécurisé qui garantisse conjointement inclusion sociale et vie autonome tout en restant au domicile. Ainsi s’est développé l’habitat inclusif, répondant à ces nouveaux besoins. La loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 (dite « loi ASV ») a ainsi posé les premiers jalons d’un nouveau concept dit « de l’habitat inclusif ». Les pouvoirs publics ont engagé fin 2016 la démarche nationale en faveur de l’habitat inclusif et créé un observatoire du même nom. La loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (dit « loi Élan »), notamment son article 129, a poursuivi la démarche en créant un titre supplémentaire au Code de l’action sociale et des familles. Cette loi a été complétée par un décret et un arrêté parus en juin 2019. Aujourd’hui, les schémas départementaux de l’autonomie intègrent systématiquement cette dimension et les appels à candidatures de « soutien au déploiement de l’habitat inclusif pour les personnes âgées et handicapées » se multiplient, auxquels répondent, seuls ou en partenariat, les établissements d’accueil de personnes âgées. Nous vous proposons donc : de définir l’habitat inclusif ; d’éclairer sur le cahier des charges à rédiger dans le cadre des appels à projets ; d’aborder l’élaboration du projet de vie sociale et partagée et sa mise en œuvre.
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Fiche pratique
La mise en place du RGPD en Ehpad
Notre société se transforme dans un environnement numérique croissant et mondialisé. Le contexte juridique évolue lui aussi avec l’émergence du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) qui remplace la vieille loi du 6 janvier 1978 « informatique et libertés » et qui s’applique depuis le 25 mai 2018. Le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 introduit un changement de paradigme. « Des formalités auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) » sont remplacées par une responsabilisation accrue des organismes (et de leurs sous-traitants) qui « doivent assurer une protection optimale des données à chaque instant, et être en mesure de la démontrer en documentant leur conformité », indique l’Agence du numérique en santé (ANS, ex-Agence des systèmes d’information partagés de santé). Si l’objectif de ce règlement est de renforcer les droits des citoyens européens vis-à-vis de la protection de leurs données, les effets sont triples : Il impose aux acteurs concernés de se responsabiliser fortement au regard des garanties de sécurité des données qu’ils collectent et qu’ils traitent. Il renforce les droits des personnes concernées par le traitement des données (consentement, droit à l’oubli, droit à la portabilité, droit d’accès, etc.). Il élargit le champ d’application territorial et matériel en matière de protection des données à tous les secteurs d’activité, à tous les organismes qui traitent des données à caractère personnel – y compris les sous-traitants – dans toute l’Union européenne. C’est notamment le cas des établissements sociaux et médico-sociaux tels que les Ehpad. Les contrôles et sanctions seront aussi renforcés dans un secteur d’activité où le directeur d’une structure médico-sociale n’est pas toujours familier des questions liées au système d’information. Nous aborderons à travers cette fiche : les grands principes du RGPD qui s’appliquent en Ehpad ; les obligations majeures renforcées et nouvelles mises en place dans le cadre du RGPD.
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Fiche pratique
Créer un jardin thérapeutique en Ehpad
C’est un constat : nos anciens veulent rester le plus longtemps possible à domicile et ne gagner nos institutions que lorsque les effets de la dépendance les empêchent de vivre chez eux. Les statistiques comme les enquêtes le prouvent : plus de 85 % des Français souhaitent vieillir à domicile… et la récente crise de la Covid-19 n’a d’ailleurs fait que renforcer ce phénomène. Ainsi, l’évolution du profil des publics accueillis en Ehpad, avec notamment l’arrivée de personnes handicapées vieillissantes, de personnes atteintes de maladies neurodégénératives ou de troubles psychiques, entraîne des besoins de soins différents aujourd’hui de ceux qui étaient donnés hier. En même temps, de nombreuses études scientifiques ont expérimenté les liens de causalité de l’impact du végétal sur la santé humaine. Les effets de la nature sur les processus sociaux, psychologique, physiologique sont incontestables. Telle est la principale raison du nouvel intérêt pour les jardins thérapeutiques. Ils se multiplient depuis une dizaine d’années au sein des structures médico-sociales, et notamment des Ehpad, pour permettre au public de recueillir les bienfaits de ces jardins, véritables outils pour l’équipe soignante. Dans ces conditions, la création de ce jardin deviendra pour vous une opportunité et une opération à part entière, opération qu’il conviendra d’anticiper, de financer, de mettre en œuvre… Bref, de piloter. Nous aborderons à travers cette fiche : les tentatives de définition des jardins thérapeutiques ; les motivations du lancement d’une telle opération ; le portage et la mise en œuvre du projet ; son organisation ; les étapes successives à respecter.
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Fiche pratique
Faire évoluer l’accompagnement des résidents en Ehpad
La tendance ne fait que se renforcer : les personnes âgées souhaitent vivre à domicile le plus longtemps possible. Selon une étude de 2019, plus de 85 % des Français souhaitent vieillir à domicile. La récente crise de la Covid-19 n’a d’ailleurs fait que renforcer ce phénomène. Conséquence directe, l’entrée en établissement médicalisé se fait de plus en plus tardivement et ne dure qu’un temps court (deux ans et demi en moyenne). Cette entrée tardive des personnes âgées est donc associée à une dépendance lourde, voire à la fin de vie. Cette évolution du profil des publics – avec notamment l’arrivée de personnes handicapées vieillissantes, de personnes atteintes de maladies neurodégénératives ou de troubles psychiques – nécessite une transformation des besoins de soins. Le besoin de prévention reste pourtant toujours au rendez-vous : le public accueilli a besoin de faire ralentir les dégradations progressives de son état de santé et aspire au maintien le plus longtemps possible de son autonomie. Les Ehpad sont donc aujourd’hui au croisement de ces deux aspirations : des besoins de soins croissants pour un public beaucoup plus dépendant et des besoins de prévention pour ralentir la dépendance, le tout dans un contexte où l’accompagnement en Ehpad doit se faire « comme à la maison ». L’enjeu est donc de taille et nécessite une forte adaptation du secteur, qui doit envisager l’évolution des pratiques d’accompagnement, condition nécessaire à la transformation d’un Ehpad. Nous aborderons à travers cette fiche le cadre de l’évolution de l’accompagnement des résidents, puis les trois actions nécessaires à cet objectif : en faisant tomber les frontières entre soins et accompagnement ; en repensant l’environnement des Ehpad ; en se donnant les moyens d’accueillir de nouveaux publics.
