Sébastien Taupiac

Sébastien Taupiac

Consultant en achat public / Fondateur de ST agency - Intervenant dans le Master 2 Droit des Achats Publics de l'université Paris-Saclay

Domaines d'expertise

Biographie professionnelle

Expert en achat et consultant secteur santé.

Sébastien Taupiac est ingénieur biomédical, expert en technologies de la santé et en achat public, avec près de 25 ans d’expérience. Après avoir occupé divers postes à responsabilité à l’Ugap pendant vingt ans, il a été Directeur du développement chez Verso Healthcare et Directeur de la communication chez e-Attestations. En 2024, il fonde ST Agency, une agence de conseil en achat public, où il travaille désormais comme consultant indépendant.

Son expertise couvre l’ensemble des enjeux de l’achat public, de la réglementation à la gestion des équipes, avec des compétences reconnues en marketing, communication et relations publiques. Il est également intervenant à l’Université Paris-Saclay, administrateur à lʼAPASP, et formateur pour achatpublic.com.

Auteur du guide Optimiser vos achats publicsaux éditions WEKA, il publie régulièrement des articles sur des thèmes liés à la commande publique, la cybersécurité et la souveraineté européenne.

Publications récentes

  • Fiche pratique 21 décembre 2025

    Maîtriser la différence entre prix ferme et prix révisable

    La maîtrise de l’évolution des prix constitue un enjeu central de la performance des marchés publics sur la durée. Les crises sanitaire puis économique ont profondément bouleversé les équilibres contractuels, en exposant les contrats à une volatilité accrue des coûts et en rendant déterminants les mécanismes d’actualisation et de révision des prix. Dans ce contexte, la question du prix – qu’il s’agisse de l’acquisition, de l’exploitation, de la location ou de modèles économiques hybrides – et de ses modalités d’évolution est devenue stratégique. L’acheteur doit non seulement choisir la forme du prix (ferme, ferme actualisable ou révisable), mais aussi en maîtriser la construction, les conditions d’actualisation et les mécanismes de révision, afin de préserver l’équilibre économique initial du contrat. Les dispositions relatives aux prix, désormais codifiées aux articles R. 2112-9 à R. 2112-14 du Code de la commande publique, s’appliquent à l’État, à ses établissements publics (hors EPIC), aux collectivités territoriales et à leurs groupements. Elles peuvent également être volontairement reprises par d’autres pouvoirs adjudicateurs. Leur bonne application suppose une connaissance fine des indices, des formules paramétriques et des aléas économiques raisonnablement prévisibles. La publication du Guide DAJ sur les prix (avril 2023) constitue à cet égard une référence incontournable. Il remplace le guide de 2013 et intègre à la fois : les évolutions du droit de la commande publique (directives européennes de 2014, codification de 2019, nouveaux CCAG 2021) ; les changements de pratiques des acheteurs et des opérateurs économiques ; et le traitement juridique des situations exceptionnelles, notamment en matière de révision des prix. Tout en rappelant les principes fondamentaux, ce guide apporte des éclairages nouveaux, notamment sur : les possibilités de modification des contrats en cours, à la lumière de l’avis du Conseil d’État du 15 septembre 2022 relatif aux clauses financières et à la théorie de l’imprévision ; les méthodes de notation du critère prix ; la rédaction et l’usage des clauses de réexamen ; et la valorisation des certificats d’économie d’énergie (CEE). Dans un environnement économique incertain, la maîtrise du prix et de ses mécanismes d’évolution n’est plus un simple exercice juridique : elle constitue un levier opérationnel de soutenabilité, d’attractivité et de continuité de l’exécution des marchés publics.

    #choix du prix du marché
  • Fiche pratique 21 décembre 2025

    Externaliser ses achats de manière performante

    Longtemps considérée comme une démarche « par défaut » ou opportuniste, l’externalisation de ses achats notamment auprès d’une centrale d’achat ou dans le cadre d’un groupement de commandes, constitue désormais un levier stratégique indispensable de toute véritable politique achat. Si la recherche d’une plus grande performance économique demeure une des raisons principales, la complexification des achats (réglementation, passage à l’usage et en coût global, suivi de l’exécution, impacts des crises, etc.) ou encore l’avènement d’obligations/d’incitations environnementales et sociales expliquent aussi une recherche croissante d’une expertise de plus en plus difficile à avoir en propre et surtout à justifier financièrement. L’accès facilité et immédiat à des entreprises/produits/services qualifiés notamment d’un point de vue des politiques publiques (achat local, made in France, empreinte carbone, insertion sociale) est également un moteur de la croissante des opérateurs concernés dans un contexte d’injonctions contradictoires pour les acheteurs publics. Une expertise en phase de sourcing, de procédure et d'exécution L’externalisation de toute ou partie de ses achats nécessite de bien appréhender les impacts sur le processus. En effet, si la charge diminue, elle ne devient pas nulle. Le suivi de l’exécution du contrat directement ou indirectement prend plus que jamais tout son sens. La croissance forte des centrales d’achat grossistes, c’est-à-dire assurant l’ensemble du processus (sourcing, procédure, déploiement et exécution), confirme une tendance récente visant à intégrer pleinement ou à externaliser complètement des lignes de produits ou services. Une approche du « faire » ou du « faire faire » seule garante d’un véritable impact sur le coût complet.L’annonce récente par exemple d’UniHAppro par la centrale d’achat UniHA en est une démonstration. L’externalisation peut aussi être de manière paradoxale un élément d’attractivité dans le recrutement des fonctions achat ou juridique. Dans tous les cas, il est essentiel de bien appréhender dans le nouveau contexte économique et géopolitique les principaux enjeux. Enjeux Positifs : expertise et compétences spécialisées ; réduction des coûts ; concentration sur les activités stratégiques ; produits conformes à la réglementation et/ou aux normes en vigueur ; flexibilité et adaptabilité. Enjeux Négatifs : perte de contrôle et de souveraineté ; risque de dépendance vis-à-vis du fournisseur externe ; risques de sécurité et de confidentialité ; qualité et performance variable ; complexité contractuelle ; impact social et économique ; enjeux juridiques et réglementaires ; transparence et responsabilité. En résumé, l'externalisation des achats publics offre des opportunités significatives en termes d'efficacité et de réduction des coûts, mais elle comporte également des risques importants qui doivent être soigneusement gérés. Les décideurs doivent peser ces enjeux pour déterminer si l'externalisation est une stratégie appropriée pour leur organisation.

    #programmation des achats #centrale d'achat
  • Fiche pratique 21 décembre 2025

    Adhérer à un groupement de commandes

    Un groupement de commandes est une structure qui permet à plusieurs acheteurs publics de se regrouper pour effectuer des achats en commun. Cette approche permet de mutualiser les besoins, de rationaliser les procédures d'achat et d'obtenir de meilleures conditions économiques grâce à des volumes d'achat plus importants. Les groupements de commandes peuvent inclure divers types d'entités publiques telles que les collectivités locales, les établissements publics, et parfois des entreprises privées dans certains contextes. Second modèle de mutualisation des achats, le groupement de commandes s’est développé historiquement à des fins tant de massification que de mutualisation des compétences, expertises et moyens techniques. Toutefois, le développement des centrales d’achat tant nationales que régionales tendait jusqu’à présent à limiter de plus en plus la pertinence de ce modèle. Toutefois, il semblerait que ce dernier tende à se redévelopper, aidé par les crises sanitaires et économiques mais aussi par les rapides évolutions technologiques et économiques (ex : développement de la location ou du paiement à l’usage). Le développement d’une approche plus territoriale et notamment régionale (amont industriel circuits courts, contraintes logistiques, accès des PME), est ainsi de nature à soutenir cette tendance en attendant une vraie maturité et exhaustivité des centrales d’achat régionales. Dans ce modèle mêlant droit et pratique, l’établissement membre tient une place primordiale aux côtés du coordonnateur, cheville ouvrière d’une démarche qui se doit d’être collaborative, participative et au bénéfice de tous tant pour les gains qu’elle peut procurer que pour le partage de bonnes pratiques entre organismes parfois d’horizons très différents.

    #groupement de commandes
  • Fiche pratique 21 décembre 2025

    Recourir à une centrale d’achat public nationale

    Les centrales d'achat public en Europe jouent un rôle crucial dans l'optimisation des achats publics en regroupant les besoins de plusieurs entités pour obtenir des conditions plus favorables. Ces organismes, aussi appelés central purchasing bodies (CPB), permettent de rationaliser les processus d'achat, de réaliser des économies d'échelle, et d'améliorer la transparence et l'efficacité des marchés publics. Ce développement témoigne d’une reconnaissance de la mutualisation et d’une nécessité de professionnalisation des achats. Il répond également à une pression croissante des citoyens sur l’optimisation de l’usage des deniers publics. Le Code de la commande publique définit ainsi, en son article L. 2113-2, qu’une centrale d’achat est un acheteur qui a pour objet d’exercer des activités d’achat centralisées qui sont : l’acquisition de fournitures ou de services destinés à des acheteurs ; la passation des marchés publics de travaux, de fournitures ou de services destinés à des acheteurs. Les acheteurs qui recourent à une centrale d’achat sont considérés comme ayant respecté leurs obligations de publicité et de mise en concurrence. Toutefois, ils demeurent responsables du respect des dispositions du code pour les opérations de passation ou d’exécution du marché public dont ils se chargent eux-mêmes. Si, pendant longtemps, le principal motif du recours à une centrale d’achat a résidé dans la dispense de procédures et la simplification administrative, de nombreux facteurs sont de nature à expliquer l’intégration de plus en plus importante de ce dispositif d’externalisation dans les stratégies achats. Cette tendance, désormais avérée, nécessite toutefois de : comprendre sous l’angle juridique et économique les différents types de centrales ; identifier les achats dont l’externalisation apporte la plus grande valeur ajoutée ; distinguer les différences entre l’achat d’un produit, d’un service ou d’une prestation et la mise à disposition par la centrale d’achat « intermédiaire » d’un cadre contractuel ; maîtriser les modalités d’exécution des contrats associés et surtout les différences économiques et structurelles associées. Enfin, au regard des quelques polémiques sur les prix de certains produits proposés par les centrales d’achat public et de l'insuffisance prise en compte / sensibilisation des acheteurs sur les législations étrangères à portée extraterritoriale de nature à contraindre les titulaires des marchés à communiquer ou à transférer ces données à des autorités étrangères, les centrales d’achats publics (notamment l’Ugap) sont actuellement sous le feu des critiques ce qui a entraîné plusieurs propositions de loi.

    #centrale d'achat
  • Fiche pratique 20 novembre 2025

    Identifier les risques de recours de tiers au marché après sa signature

    Dans un environnement marqué par une instabilité économique durable, une hausse de la conflictualité juridique, et une défiance croissante à l’égard des décideurs publics, les acheteurs sont de plus en plus exposés aux risques de recours de tiers après la signature d’un marché public. La conjoncture actuelle – inflation persistante, pressions budgétaires, tensions géopolitiques, exigences renforcées en matière d’intégrité et de responsabilité, ainsi que les élections locales (2026) et nationales (2027) à l’horizon – accroît les attentes de transparence, de rigueur procédurale et de conformité éthique. Dans ce contexte, la moindre irrégularité dans la passation, la signature ou la publicité d’un contrat peut donner lieu à un recours contentieux, avec des conséquences potentiellement lourdes : annulation du marché, pénalités, réduction de la durée, voire atteinte à l’image de la collectivité. Cette fiche vise à outiller les acheteurs publics pour anticiper les risques juridiques post-signature, sécuriser leurs pratiques (notamment en matière de standstill, d’information des opérateurs évincés, de vérification des capacités juridiques et de publication), et renforcer la conformité dans un climat de vigilance démocratique accrue.

    #risque lié aux marchés publics #signature du marché
  • Fiche pratique 20 novembre 2025

    Mettre en œuvre un partenariat d’innovation

    Premier modèle de marché public global spécifiquement conçu pour favoriser l’innovation, le partenariat d’innovation constitue une réponse juridique et opérationnelle aux difficultés historiquement rencontrées dans la commande publique pour soutenir le développement de solutions nouvelles. Alors même que l’achat public innovant est depuis longtemps identifié comme un levier de transformation pour les politiques publiques, les modèles contractuels antérieurs se heurtaient aux exigences de publicité et de mise en concurrence imposées par le droit européen. Le décret n° 2014-1097 du 26 septembre 2014, pris en application de la directive 2014/24/UE, a permis d’introduire un cadre dédié, consolidé depuis au sein des articles L. 2172-3 et R. 2172-20 à R. 2172-31 du Code de la commande publique. Ce dispositif offre désormais aux acheteurs publics la possibilité de nouer un marché unique structuré en deux grandes phases : la recherche & développement (R&D), puis l’acquisition des solutions innovantes issues de cette R&D, sans remise en concurrence. Dans un contexte de fortes tensions économiques et géopolitiques — inflation persistante, hausse des coûts énergétiques, enjeux de souveraineté technologique, cybersécurité, attractivité des établissements publics — le partenariat d’innovation permet de co-construire des réponses sur mesure avec les opérateurs économiques, en favorisant des logiques de coût global, de transformation numérique, et de maîtrise de la propriété intellectuelle. Malgré ses avantages, cette procédure reste encore peu mobilisée en pratique, souvent en raison de la priorité donnée par les directions achats à la gestion des urgences (crise sanitaire, instabilité budgétaire), ou d’une méconnaissance des sécurisations juridiques désormais établies. Cette fiche vise à clarifier les cas de recours, le régime juridique et les conditions de réussite du partenariat d’innovation, pour en faire un outil stratégique pleinement assumé dans les politiques d’achat public innovant.

    #recherche et développement #marché de partenariat

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