Par une instruction interministérielle du 13 janvier 2026, publiée au Bulletin officiel de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports n° 3 du 15 janvier 2026, le ministre de l’Éducation nationale et le ministre de l’Intérieur viennent d’annoncer la transformation des Observatoires des dynamiques rurales en Observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT). Mis en place à partir de 2023 dans le cadre du plan France ruralités, les observatoires des dynamiques rurales ont été déployés dans les départements comportant des territoires ruraux, afin de mieux appréhender les évolutions démographiques et leurs effets sur l’organisation territoriale de l’offre scolaire.
Le travail engagé au sein de ces observatoires « a démontré toute son utilité », estime Édouard Geffray. « En associant l’État, l’Éducation nationale et les élus locaux, ces instances ont permis de construire, dans le dialogue, des décisions plus lisibles, mieux comprises et plus justes. Nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape en les transformant en observatoires des dynamiques rurales et territoriales, généralisés à l’ensemble du territoire national. » Dans un contexte de baisse du nombre d’élèves, qui affecte la quasi-totalité du territoire national, et d’attentes accrues des élus et acteurs locaux en matière de lisibilité, d’anticipation et de dialogue, l’État a jugé nécessaire de généraliser cette démarche à tous les territoires, ruraux comme urbains, pour disposer d’un cadre commun d’analyse et de prospective. En effet, entre 2019 et 2029, les écoles maternelles et élémentaires auront perdu un million d’élèves sur 6,7 millions. « Il est donc indispensable, dans le cadre d’un dialogue renforcé avec les collectivités territoriales, de préparer notre système éducatif à cette transition », insistent Édouard Geffray et Laurent Nunez dans leur instruction cosignée.
Un ODRT dans chaque département
Dès ce mois de janvier 2026, un Observatoire des dynamiques rurales et territoriales est mis en place dans chacun des 101 départements de France. L’instance se réunira plusieurs fois par an. L’ODRT est co-présidé par le préfet et l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale (IA-Dasen). En tant qu’instance départementale, son rôle est d’objectiver les spécificités scolaires locales pour définir des actions partagées.
Le diagnostic portera, notamment, sur les évolutions démographiques, le maillage éducatif et l’accès aux services scolaires et périscolaires. Les dimensions sociales, sanitaires, sportives, culturelles et de mobilité seront également à intégrer, tout comme l’orientation, l’accès à l’enseignement supérieur et l’insertion. « Il s’agit de penser non seulement l’organisation territoriale, mais aussi l’offre scolaire, dans un contexte qui doit conduire à rechercher des organisations nouvelles pour répondre au défi de la déprise démographique, pouvant atteindre 30 % en moins de 10 ans dans certains territoires », expliquent les deux ministres.
La mise en œuvre de l’ODRT
L’ODRT bénéficie d’une souplesse de mise en œuvre, permettant des déclinaisons infra-départementales, notamment à l’échelle des réseaux pédagogiques, des bassins de vie et des périmètres intercommunaux, indique l’instruction interministérielle. Des groupes de travail thématiques, définis localement, contribueront aussi à une juste articulation avec les autres politiques publiques territoriales.
Par une approche prospective au minimum à un, trois et cinq ans, les ODRT devront permettre :
- de partager un diagnostic commun, d’anticiper les évolutions et d’en mesurer les effets ;
- de nourrir une réflexion pluriannuelle et partenariale sur l’organisation territoriale, l’offre scolaire et les services associés, notamment de transport.
