Annonces présidentielles radicales sur la violence à l’école

Éducation

Nicolas Sarkozy a prononcé le 5 mai 2010 un discours sur la lutte contre les violences scolaires devant les préfets, procureurs, inspecteurs d’académie et recteurs. Une série de mesures est prévue, dont la tonalité est souvent radicale.

Comme cela a été évoqué lors des états généraux de la sécurité à l’école, le président souhaite « stabiliser les équipes » dans les établissements très difficiles, notamment grâce à des incitations financières et de carrière. 100 établissements pilotes seraient concernés dès 2010, dans lesquels les chefs d’établissement sélectionneraient leurs équipes.

Concernant l’installation d’un gendarme ou d’un policier dans certains établissements, la responsabilité serait laissée au chef d’établissement d’accepter ou non ce dispositif. Cependant, s’il le refuse, il devrait le faire par écrit « pour que chacun soit au courant »… Est-il souhaitable d’installer des policiers dans les établissements ? Ne risque-t-on pas la confusion des rôles ? Et que faut-il penser de ce qui s’apparente à un chantage au refus ?

Par ailleurs, la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme devrait être appliquée dès la rentrée 2010. Cette mesure, qui a déjà été en vigueur, pour être par la suite abandonnée, était-elle efficace ?

Le président a annoncé l’ouverture d’« établissements de réinsertion scolaire » dotés d’un internat où seraient scolarisés pour un an minimum les élèves de 13 à 16 ans « les plus durs », autour d’une pédagogie axée sur « l’apprentissage de la règle, le respect de l’autorité et le goût de l’effort ». En groupant ainsi les jeunes les plus difficiles, ne risque-t-on pas de créer de véritables « poudrières », produisant un résultat inverse à celui visé ?

Enfin, Nicolas Sarkozy envisage de former les étudiants des masters se destinant à l’enseignement et les professeurs débutants à la gestion des situations difficiles. Cette annonce prête à l’interrogation au moment où la formation est réduite à la portion congrue…

Côté syndical, le Snes dénonce un « arsenal de mesures répressives » qui ne « permettront [pas] de juguler la violence », produisant un résultat inverse à celui visé. Quant au Se-Unsa, il s’insurge contre la « compilation des refrains chers au président : l’ordre, la règle, la vidéosurveillance, les portiques…».

Une fois de plus, les annonces présidentielles tranchent avec la sérénité nécessaire à l’examen de questions délicates comme la violence scolaire et l’absentéisme. Au lieu d’un discours musclé et tonitruant, des mesures réfléchies s’inspirant des travaux que les experts ont exposés durant les états généraux de la sécurité à l’école auraient certainement été plus pertinentes et efficaces. Il est vrai qu’elles auraient été moins médiatiques…

Posté le par Rédaction Weka

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