Cantines scolaires : la FCPE réclame une loi sur l’équilibre nutritionnel

Éducation

La première fédération de parents d’élèves demande aux collectivités territoriales de respecter les recommandations relatives à l’équilibre nutritionnel des repas servis dans les cantines scolaires.

Au moins 10 crudités en entrée sur 20 repas successifs, des limites pour les plats trop gras ou trop sucrés, du calcium, des protéines, des vitamines, pour les desserts, au minimum 8 fruits crus sur 20 repas, 6 produits laitiers riches en calcium… les recommandations existantes « trop peu appliquées » doivent être inscrites dans une loi, a demandé Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE lors d’une conférence de presse le 13 avril. De même, il est important de former les équipes de restauration collective à la nutrition via l’intervention de nutriticiens et diététiciens.

« On nous a promis plusieurs fois une loi, mais ça fait deux ans qu’on se fait balader », déplore-t-il. En effet, lors d’une conférence de presse, le 8 octobre 2008, la FCPE réclamait déjà l’élaboration d’une loi-cadre reconnaissant le statut de la restauration scolaire comme service public à part entière. Jean-Jacques Hazan a ajouté que sa fédération allait intervenir auprès des parlementaires pour obtenir cette loi et des collectivités locales pour que les recommandations nutritionnelles établies par le Groupe d’étude des marchés de restauration collective et de nutrition (GEMRCN) soient respectées.

« Garantir la qualité nutritionnelle des rations servies en restauration scolaire est vraiment une priorité de santé publique » alors qu’un enfant scolarisé sur deux mange à la cantine (soit six millions), a expliqué Nicole Darmon, chercheuse en nutrition à l’Inserm, l’Inra et Aix-Marseille I et II. Sur les 22 000 communes françaises ayant une école, 18 000 ont une restauration structurée et seules environ 2 000 prennent en compte les recommandations du GEMRCN. La méconnaissance du texte et des barrières notamment financières, selon M. Hazan, font obstacle à l’application de ces recommandations. Or, selon une étude faite par Mme Darmon auprès de 75 écoles, un repas équilibré ne coûte pas plus cher qu’un repas classique.

En France, 16 % des 3-14 ans sont en surpoids ou obèses, un taux qui monte à 22 % chez les enfants de milieux défavorisés. Appliquer ces recommandations nutritionnelles est « une garantie de bonne prévention de l’obésité mais aussi des maladies chroniques, et ce tout au long de la vie » insiste-t-elle.

La FCPE, qui s’associe pour cette campagne à l’Association nationale des directeurs de la restauration municipale (ANDRM), l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) et le Club experts nutrition et alimentation (Cena), a décidé de publier sur son site internet la liste des communes et des collectivités territoriales qui vont s’engager à respecter ces recommandations.

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