Collège : un rapport « décapant » du Haut Conseil de l’Éducation

Éducation

Dans son rapport du 1 octobre 2010, le Haut Conseil de l’Éducation (HCE) ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques. Il faut tout changer ou presque : l’ « » du collège, les programmes, la formation des enseignants, la pédagogie, l’évaluation, la gestion et les pratiques professionnelles.

Le HCE prend acte des « acquis majeurs » du collège tout en dressant un tableau alarmant, qui correspond malheureusement aux impressions du terrain : performances des élèves médiocres et en baisse, inégalités accrues, sentiment de malaise des enseignants, multiplication des problèmes de violence, dégâts causés par l’assouplissement de la carte scolaire… Tous les acteurs du secteur sont visés : l’administration, l’Inspection, les enseignants et les syndicats.

Les rapporteurs affirment qu’il faut « passer du collège unique à l’école du socle commun ». Pour ce faire, le HCE réclame une « application réelle » du socle et appelle à « former les enseignants », écorchant au passage le nouveau dispositif de formation des maîtres. Ils réclament une réforme du service des enseignants (polyvalence, allongement du temps de présence pour assurer « la diversité des missions » : cours, réunions d’équipes, tutorat et soutien) et une révolution des pratiques pédagogiques.

En outre, le HCE prône une plus grande autonomie des établissements (au moins 10 % de la DHG), et « une présence plus forte d’adultes pour encadrer les élèves » en vie scolaire. Ces recommandations ne manqueront pas d’être approuvées par les CPE et personnels de direction.

Ce rapport suscite des réactions tranchées. Ainsi, la FCPE accueille positivement le rapport. Quant au Sgen Cfdt et au Se-Unsa, ils lui réservent un accueil chaleureux : « Voilà un rapport qui parle haut et fort ! », déclare le Se-Unsa. Le Snes dénonce, de soon côté, « de vieilles recettes » pour combattre « un vrai problème ».

Les recommandations du HCE soulignent l’urgente nécessité d’une réforme du collège. Elle suppose des conditions minimales : une formation des maîtres digne de ce nom, l’arrêt du pilonnage budgétaire (notamment du collège), des moyens en personnel de vie scolaire pour assurer correctement l’encadrement, ainsi qu’un changement d’état d’esprit – à tous les étages hiérarchiques – tendant à en finir avec un collège considéré comme le maillon inférieur du lycée.

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