Diplômés de l’enseignement supérieur : état des lieux

Éducation

La note d’information de la Depp, datée de mars 2014, aborde la question des diplômés de l’enseignement supérieur dans l’Union européenne, avec des situations très contrastées.

La stratégie Éducation et Formation 2020 de l’Union européenne fixe à 40 % au moins la proportion de jeunes Européens de 30 à 34 ans titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou équivalent (niveaux 5 et 6 définis par la Classification Internationale Type de l’Éducation), d’ici 2020. En 2012, la moyenne des pays de l’Union européenne se situe aux alentours de 35,8 %.

Même si on constate, depuis 2003, une progression sensible en ce domaine, seuls douze pays ont atteint voire dépassé la cible européenne dont la France avec 43,6 %. Des pays vont encore plus loin : on approche les 50 % dans trois d’entre eux (Chypre, Luxembourg et Lituanie) et on le dépasse même en Irlande (51,1 %). En queue de peloton, on trouve l’Italie (21,7 %), la Roumanie (21,8 %) et Malte (22,4 %).

Pourquoi ces chiffres très différents ?

Selon la Depp, concernant les « mauvais chiffres », cela peut résulter d’un « retard dans la poursuite d’études (comme en Italie, en Roumanie, à Malte), mais aussi être attribué à une certaine « concurrence » des filières professionnelles post-secondaires (comme en Allemagne et en Autriche) ». À l’opposé, une forte proportion de diplômés peut s’expliquer par l’immigration d’actifs très qualifiés (Luxembourg, Chypre, Irlande).

Plusieurs caractéristiques sont communes :

  • Le diplôme des parents reste déterminant : ainsi, les chances d’accéder à un diplôme de l’enseignement supérieur sont de 66 % en moyenne dans l’Union européenne (73 % en France et « seulement » 48 % en Allemagne).
  • La proportion de jeunes femmes diplômées est plus élevée que celle des jeunes hommes.

Quelles mesures ont été prises par les pays ?

Le facteur argent ayant un rôle prédominant, plusieurs pays ont adopté des mesures spécifiques pour limiter ce handicap pour certaines familles. Par exemple, au Royaume-Uni et en Irlande, des efforts sont réalisés pour « compenser partiellement des droits d’inscription particulièrement élevés ». Certains pays visent l’élargissement des taux de participation et l’accès aux diplômes sans ciblage spécifique en jouant davantage sur des mesures d’orientation professionnelle et de définition de passerelles, afin d’éviter les échecs massifs dans certaines filières (France, Danemark, Italie, Allemagne…). D’autres encore engagent des processus de contractualisation avec les institutions d’enseignement supérieur, notamment en conditionnant une partie des financements publics à des critères de qualité et de performance (Autriche, Pays-Bas, République tchèque).

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