Evaluation des enseignants : vers une refonte totale

Éducation

Des projets d’arrêté et de décret sont à l’étude pour modifier en profondeur le système d’évaluation, d’inspection et de notation des enseignants. Cette réforme aurait des répercussions directes sur le déroulement des carrières des enseignants du second degré, des COP et des CPE.

Le calendrier envisagé

  • Rentrée 2012 : application de l’arrêté et des mesures du décret
  • 1er janvier 2015 : entrée en vigueur des dispositions relatives aux entretiens professionnels

 

Un nouveau dispositif d’appréciation de la valeur professionnelle

La réforme envisagée prévoit la fin de la double notation actuelle des enseignants, à savoir une note administrative donnée par le chef d’établissement et une note pédagogique, la plus importante pour la carrière, décidée par l’inspecteur académique-inspecteur pédagogique régionale (IA-IPR), spécialiste de la discipline d’enseignement des enseignants inspectés.

En lieu et place de ce système, il est envisagé un entretien professionnel, tous les trois ans, conduit par le seul chef d’établissement (ou son adjoint) qui donnerait lieu à un compte-rendu susceptible de faire, ensuite, l’objet de voies de recours de la part des enseignants. L’enseignant serait évalué sur sa discipline, mais en prenant en compte trois nouveaux critères d’appréciation de la valeur professionnelle : « sa capacité à faire progresser chaque élève », « sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’établissement, en lien avec les parents d’élèves » et « la qualité du cadre de travail ».

Autre élément : cet entretien interviendrait au bout d’un processus comprenant une auto-évaluation. Cette dernière s’appuierait principalement sur le référentiel de compétences du métier de professeur tel que défini à l’annexe de l’arrêté du 12 mai 2010. Une analyse de cette auto-évaluation serait conduite par le chef d’établissement avec l’enseignant concerné. Il est prévu une validation des modalités de cette auto-évaluation par les corps d’inspection. Cet entretien pourrait ainsi déboucher sur une évaluation vraiment formative « qui permette d’identifier les mesures d’accompagnement, d’aide ou de progrès souhaitables ».

 

De nouvelles modalités d’avancement

Aux trois rythmes d’avancement actuels serait substitué un rythme unique qui pourrait être accéléré selon certaines conditions et pour une partie seulement des enseignants reconnus méritants eu égard à leur évaluation. Il reviendrait au chef d’établissement de proposer une « réduction d’ancienneté » pour passer à l’échelon supérieur aux enseignants qui auront donné toute satisfaction. La répartition s’effectuerait sur une base annuelle de 250 mois par tranche de 100 personnels du corps concerné. Des limites sont prévues : cinq mois maximum de réduction d’ancienneté pour 30 % de l’effectif du corps et deux mois pour 50 %.

C’est donc l’ensemble des grilles d’avancement existantes des différents corps qui serait modifié. Des dispositions spécifiques sont aussi prévues pour tous les personnels ne remplissant pas des fonctions d’enseignement. L’entretien professionnel porterait sur d’autres critères que ceux découlant du référentiel de compétences précité. Les détracteurs de ces deux textes ne manquent pas : plusieurs syndicats appellent à une grève le 15 décembre et la pétition demandant le retrait de ce projet continue à recueillir de nombreuses signatures. Pas moins de 25 000 déjà…

Sur le même sujet :

Evaluation des enseignants : la grève du 15 décembre est maintenue (article du 28 novembre 2011)
Evaluation des enseignants : une réforme critiquée (article du 24 novembre 2011)

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum