Les élèves africaines victimes de nombreuses violences

Éducation

Les châtiments corporels et les violences sexuelles sont courants dans les écoles de certaines zones de l’Afrique, affirme , qui a enquêté dans dix-huit pays.

La violence reste très présente, « surtout en Afrique de l’Ouest », précise une responsable de l’ONG. Au Bénin, au Sénégal, en République centrafricaine et en Gambie, on estime ainsi que plus de la moitié des élèves sont victimes de châtiments corporels. En Mauritanie par exemple, les élèves des écoles coraniques sont particulièrement exposés : 76 % des enseignants admettent y frapper leurs élèves.

Plus grave, de nombreuses violences sexuelles sont infligées, dont la grande majorité des victimes sont des filles. ActionAid relate des « pratiques ignobles pouvant occasionner des grossesses précoces » et dénonce le mutisme des parents et des autorités.
Les élèves peuvent être victimes de sévices sexuels aussi bien à l’extérieur que dans l’école, mais l’ONG révèle qu’elles ont souvent lieu au domicile des enseignants.

L’ONG indique que les autorités sont conscientes du problème, mais ajoute : « Mais ce ne sont que des filles, alors on ne fait pas d’efforts pour remédier au phénomène ». Elle constate que la violence masculine est socialement acceptée, et les enquêtes réalisées au Bénin, au Togo et en Mauritanie montrent en outre que de nombreux parents sont favorables aux châtiments corporels.

Or la violence en milieu scolaire entraîne des taux d’abandon élevés, et réduit les chances d’atteindre l’Objectif du millénaire pour le développement relatif à la parité des sexes dans les écoles.

ActionAid dénonce le manque de volonté politique pour éradiquer ce phénomène, et appelle à une mobilisation, notamment de la part des bailleurs de fonds internationaux qui peuvent conditionner leur aide à l’éducation à une réelle action contre la violence.

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