Programme Eclair: la dérégulation enclenchée

Éducation

Au cours du séminaire national du 17 janvier à Paris, consacré à « l’organisation et la conduite de l’action pédagogique en Eclair », Luc Chatel a confirmé qu’il y aurait un nouveau mode de recrutement direct des enseignants par les chefs d’établissement. Petit retour sur l’installation de ce dispositif et les intentions ministérielles.

Le contexte

Le programme Écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite (Eclair) est un dispositif lancé à la rentrée 2010 dans 105 établissements, puis étendu à la rentrée 2011 à plus de 2.100 écoles et à l’ensemble des collèges Réseau ambition réussite (RAR), réunissant 325 collèges et lycées.

Depuis la rentrée, une expérimentation relative à l’autonomie de recrutement des enseignants par les chefs d’établissement a concerné 911 « postes à profil », au sein des académies. En raison d’un nombre insuffisant de candidats, la rue de Grenelle avait eu alors recours à des contractuels et des jeunes enseignants. Or cette nouvelle disposition visait au contraire à attirer des personnels plus expérimentés.

La mission du recteur Nique

Christian Nique est en charge d’une mission d’évaluation et de suivi du dispositif Eclair. Il dresse un bilan encourageant des premières mises en œuvre, citant les aspects positifs suivants : motivation, dynamique d’équipe, actions innovantes. Il pointe cependant quelques difficultés : un manque de diagnostic pointu afin d’adapter les activités aux besoins précis des élèves, une innovation pas assez présente sur le long terme, une participation et une implication parfois peu présentes et un manque de « culture d’évaluation ».

Afin de progresser, le recteur fait des recommandations : « procéder à un état des lieux » des actions dans les établissements « partagé par tous » ; « élaborer un projet d’ensemble au-delà des actions ponctuelles », « qui soit partagé également par tous les personnels » ; « créer la condition de l’émergence de l’innovation et de l’expérimentation pédagogiques en accompagnant les équipes » ; « développer l’évaluation et l’auto-évaluation » dans les établissements.

La volonté ministérielle

Dans un communiqué mis en ligne le 17 janvier dernier sur le site du ministère, Luc Chatel inscrit son action dans le cadre du triptyque : « autonomie, personnalisation, gouvernance ». Il affirme ainsi porter une « vision » afin de « moderniser » l’école en France. Eclair en serait une composante.

Du côté de l’UMP, il semble que cette démarche ne soit pas qu’un ballon d’essai. Pour elle, il s’agit bien d’une expérimentation qui a vocation à se généraliser à tout établissement, y compris hors Eclair. Autonomie et latitude de recrutement sont pour elle indissociables. Mais les syndicats concernés sont loin de partager cette vision.

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