En France, 20 % des 16 millions de jeunes âgés de 15 à 34 ans en 2024 déclarent avoir commencé des études qu’ils n’ont pas terminées, tandis que la moyenne dans l’Union européenne est de 14 %, souligne cette étude de l’Institut national de la statistique.
Ces abandons, qui ont majoritairement lieu l’année de passage d’un diplôme, soit en cours d’année, soit après l’échec à l’examen (3e année de licence, 2e année de BTS, classe de terminale…), impactent les perspectives d’insertion de ces jeunes sur le marché du travail, surtout quand l’abandon, définitif, n’est pas suivi d’une réorientation.
Ainsi, 23 % des jeunes ayant abandonné leurs études définitivement sont au chômage au sens du Bureau International du Travail ou dans le halo autour du chômage (par exemple recherchant un emploi sans être immédiatement disponibles pour travailler) à la date de l’enquête en 2024, contre 15 % de ceux qui n’ont pas abandonné de formation.
« Même à niveau de diplôme, ancienneté sur le marché du travail, origine sociale et genre équivalents, les jeunes ayant arrêté leurs études après un abandon de formation ont un risque supplémentaire de 33 % d’être au chômage ou dans son halo par rapport à ceux qui n’ont pas abandonné de formation », souligne l’Insee.
Les conséquences se font également sentir pour les personnes qui travaillent. Les jeunes ayant arrêté leurs études sur un abandon de formation sont 20 % à occuper un contrat à durée limitée (CDD ou intérim), contre 14 % de ceux qui n’ont pas abandonné de formation.
Ces décrocheurs sont également davantage en situation de sous-emploi, 9 % travaillant à temps partiel subi, contre 5 % des jeunes n’ayant pas abandonné, et occupent des emplois moins qualifiés, plus souvent d’ouvrier ou d’employé et moins souvent de cadre.
Si les deux tiers des enfants de cadres qui abandonnent une formation se réorientent ensuite, les deux tiers des enfants d’ouvriers ou d’inactifs arrêtent leurs études à la suite de cet abandon, note l’Insee. Les premiers indiquent en outre plus souvent que les études ne leur convenaient pas, tandis que les seconds invoquent plus souvent « des raisons financières ou la volonté de travailler ».
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