Quel rôle jouent les centres de loisirs dans le développement des enfants ?

Enfance et famille

Entretien avec Valérie Marot, formatrice libérale d’animateurs et de travailleurs sociaux, et co-auteure de Diriger et gérer un accueil de loisirs, à paraître début avril aux Éditions Weka.

Weka : Valérie Marot, qu’apportent les centres de loisirs au développement des enfants ?

Valérie Marot : L’une des caractéristiques principales, c’est de leur permettre de faire de nouvelles expériences, hors de la cellule familiale ou scolaire. Ici ils ont le temps de faire de nouvelles découvertes. Ceux peu habitués aux interactions avec d’autres enfants y découvrent des notions telles le partage, les règles de vie collective. Ils testent de nouvelles choses. C’est un espace de socialisation, et pas uniquement pour la petite enfance, mais bien à tous les âges.

L’un des avantages des centres de loisirs sur les colonies de vacances – qui en ont d’autres – c’est qu’il s’agit de structures de proximité : les enfants peuvent y aller régulièrement les mercredis et plusieurs vacances de suite, y retrouvent les mêmes adultes, les mêmes autres enfants, et s’y construisent donc des repères. Ainsi les animateurs y ont un vrai rôle dans le développement de l’enfant, qu’ils connaissent généralement bien, ainsi que sa famille.
 

Weka : En quoi est-il important que le projet pédagogique prenne sérieusement en compte le développement des enfants ?

Valérie Marot : Parce que le rythme proposé doit tenir compte de la tranche d’âge, premièrement.

Ensuite, dans la participation et l’implication des enfants aux choix des loisirs, de la vie collective, on associe bien souvent les enfants à partir de 7/8 ans, considérant que plus jeunes, ils sont trop petits. Mais il est possible et souhaitable de les faire participer, en tenant compte de leur âge bien sûr. Cela vaut aussi pour les adolescents d’ailleurs, qui ne s’investiront pas de la même manière que les enfants.

Et bien sûr, dans le choix des activités proposées, les heures auxquelles elles sont proposées, etc, les besoins étant différents selon le stade de développement.

Enfin, j’ajouterais dans le rapport avec les parents. L’attitude vis-à-vis des parents doit être différente selon qu’il s’agisse de tous petits ou non, voire d’adolescents. Dans le premier cas, il faudra être complémentaire des parents dans la prise d’autonomie. Pour des ados, adultes en devenir, les parents auront là-aussi des demandes spécifiques. Les équipes devraient donc prendre le temps de réfléchir à cet aspect.
 

Weka : Quels sont les risques en cas de projet mal adapté ?

Valérie Marot : D’abord que les enfants s’ennuient, que ça ne leur plaisent pas. Mais aussi que l’enfant soit en mal-être, qu’il ait le sentiment qu’on ne s’occupe pas de lui, qu’il soit en repli, se mette à l’écart, ou suive le mouvement sans se prêter réellement au jeu.

Par exemple, lorsque l’organisation du repas est mal réfléchie, des enfants vont, dès 11h30, avoir mal au ventre, et mal s’alimenter. Concernant les tous petits, ils peuvent appréhender une sieste présentée comme obligatoire, hors de chez eux, et dans le noir. Et se mettre à pleurer au simple mot « sieste » !
 

Weka : Dans ce cas de figure, comment corriger le tir ?

Valérie Marot : Déjà en en discutant aux réunions. Souvent l’enfant a un animateur avec lequel il se sent plus en confiance, il faut donc jouer là-dessus, en les mettant à la même table aux repas, par exemple.

Et en prenant le temps d’écouter l’enfant, ce qui ne va pas. Et si cela s’avère régulier, en discuter avec les parents. Certains enfants ne sont pas faits ou prêts pour les centres de loisirs !
 

Weka : Vous participez à la rédaction de Diriger et gérer un accueil de loisirs. Quels sont ses apports ?

Valérie Marot : La richesse et la diversité de ses fiches, qui traitent une majorité de points que peuvent rencontrer les directeurs de centres. Et leur aspect pratique : pour trouver la réponse à une question donnée, pas besoin de lire 200 pages ! Elles combinent apports théoriques et éléments pratiques, leurs bibliographies permettant d’approfondir le sujet en plus des réponses aux questions du quotidien contenues dans les rubriques Conseils, Foire aux questions, Erreurs à éviter, etc.

Diriger et gérer un accueil de loisirs peut aussi intéresser les animateurs, notamment concernant le développement de l’enfant, en acquérant ainsi un savoir plus approfondi que celui des formations BAFA, tel l’aspect psychologique, concernant le mal-être des petits, le développement de la socialisation, ou encore comment identifier la maltraitance. Les directeurs peuvent d’ailleurs s’en servir de base pour remplir leur fonction de formateur des animateurs.

 

Livre blanc

Favoriser le développement intellectuel de l’enfant

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Comment favoriser le développement cognitif des enfants au sein de l’accueil de loisirs ?

Pour mettre en place des choix d’animation adaptés, les équipes pédagogiques doivent connaître les étapes majeures du développement cognitif de l’enfant. On n’oubliera pas cependant que le développement cognitif ne peut être dissocié des autres aspects du développement (moteur, affectif et social) : l’enfant est un être global.

Découvrez la réponse en téléchargeant gratuitement la fiche « Favoriser le développement intellectuel de l’enfant ».

Cet extrait du service documentaire Diriger et gérer un accueil de loisirs vous est offert par les Éditions Weka. [Document mis à jour – mars 2018]

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