Une Charte pour une représentation mixte des jouets

Enfance et famille

Pour lutter contre les préjugés de genre, les acteurs du secteur des jouets s’engagent à promouvoir une représentation mixte des produits.

À trois mois jour pour jour de Noël, les acteurs du secteur des jouets – fédérations de distributeurs et de fabricants, associations et acteurs publics – ont signé, le 24 septembre 2019, une Charte pour une représentation mixte des jouets. Cette signature est intervenue dans le cadre du Conseil de la mixité et de l’égalité professionnelle dans l’industrie, sous l’égide de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances et du secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance. En paraphant ce texte, ses signataires s’engagent volontairement à promouvoir la mixité entre filles et garçons dans la création, la distribution et la promotion des jouets, et, plus largement, à lutter contre les préjugés de genre, les stéréotypes et les biais inconscients.

Cette charte d’engagements s’inscrit dans la lignée du premier axe de travail du Conseil de la mixité et de l’égalité professionnelle dans l’industrie – l’éducation -, qui vise à susciter davantage de vocations scientifiques chez les jeunes femmes et à lutter contre les préjugés auxquels elles doivent faire face dès l’enfance.

Les acteurs du secteur des jouets effectuent ainsi « un premier pas vers la déconstruction des stéréotypes de genre ancrés dès le plus jeune âge ». « Particulièrement dans les 1 000 premiers jours de leur vie, c’est par le jeu et les jouets que les enfants découvrent le monde et construisent leurs repères. C’est dès cette période que l’on doit lutter contre les stéréotypes attribuant aux filles et aux garçons des rôles différents, et combattre les biais inconscients qui se répercutent sur la mixité professionnelle plus tard. La signature de cette Charte va dans le sens de la promotion d’une éducation positive, laissant à chaque enfant libre cours à sa créativité et à son intuition, favorables à son bon développement », explique Adrien Taquet.

Afin de lutter contre les stéréotypes véhiculés par les jouets, la charte liste 34 engagements volontaires portant sur l’ensemble des aspects de la vie du jouet, de la conception à la mise en rayon, en passant par la publicité. Ces engagements consistent, notamment, à :

  • Développer des jouets ne véhiculant pas de stéréotypes discriminants, promouvoir de manière large les jeux scientifiques avec la création d’un label « Sciences, Technologie, Ingénierie, Maths », des présentations neutres ou mixtes ;
  • Supprimer la catégorisation « jouets filles » et « jouets garçons » dans les catalogues (imprimés ou en ligne), recourir à une présentation par catégories de produits ou par type de bénéfice apporté par le jouet (créativité, résolution de problèmes, développement physique et/ou intellectuel, sociabilité…) ;
  • Pour les distributeurs qui ont développé des univers « filles » et « garçons » – étant entendu que cette caractérisation par le genre a vocation à disparaitre – mettre en place, à partir de 2020, des codes couleurs ou d’autres indices de cloisonnement entre filles et garçons (exemples : mettre fin à l’absence de mixité filles-garçons dans les photos de certaines pages, supprimer les formulations exclusivement masculines ou féminines, comme les « héros » ou les « princesses ») ;
  • Mettre à la disposition des magasins un module audiovisuel de formation créé en partenariat avec les associations signataires de la charte, les fédérations de fabricants et les distributeurs pour sensibiliser les vendeurs et les vendeuses en magasins aux stéréotypes de genre ;
  • Promouvoir auprès des acteurs du secteur des outils permettant de développer une communication et un marketing ne comportant pas de stéréotypes de genre.

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