Hébergement : les associations inquiètes en ce début d’hiver

Lutte contre les exclusions

Selon la Fnars, la dégradation de la situation de l’urgence sociale s’accroît encore en cette fin 2013.

La Fnars et le Samusocial de Paris, gestionnaire notamment du 115, publient, pour la première fois, les données observées dans 38 départements (Paris et 37 départements) dans un même document. Ce baromètre étendu doit permettre de comparer la situation de la veille sociale dans la capitale et dans les autres départements français, et d’avoir une vision plus globale de l’hébergement des personnes sans abri dans notre pays, explique la Fnars.

Le premier baromètre commun comprend les données observées en septembre 2013 et comporte l’analyse des demandes faites au 115, ainsi que des réponses apportées aux personnes appelantes.
 

Des demandes toujours plus nombreuses

Les résultats montrent une hausse de près d’un tiers (31 %) du nombre de demandes d’hébergement entre septembre 2012 et septembre 2013. Et, depuis le dernier baromètre publié en juillet 2013, 1 000 personnes supplémentaires ont sollicité le numéro d’urgence social dans les 37 départements habituellement observés dans le baromètre de la Fnars.

Les familles restent les plus nombreuses à appeler le 115, dans l’espoir de trouver un hébergement pour une ou plusieurs nuits. En septembre, 61 % des demandes adressées au 115 provenaient de familles (avec au moins un enfant) dans les 37 départements et 48 % à Paris.

Ces résultats prouvent, également, à quel point la crise joue sur les mouvements de populations en Europe, avec, depuis juillet, une hausse de 54 % des demandes faites par des personnes d’origine européenne.
 

Le manque de places

Les résultats de ce nouveau baromètre confirment que les appels passés par les personnes cherchant un toit pour la nuit se soldent très souvent par un échec, alors que le 115 est déjà la dernière solution possible, reprend la Fnars. Faute de places suffisantes, les 115 des 37 départements n’ont pu répondre positivement qu’à 22 % des demandes d’hébergement et à 39 % à Paris ! Au total, sur les 15 000 personnes ayant sollicité le 115 en septembre dans les 37 départements, 9 000 ont reçu une réponse négative à leurs différentes demandes.

« Même si l’État a fait un effort en 2013, avec l’ouverture de places supplémentaires, reconnaît la Fnars, le dispositif d’accueil d’urgence est saturé à cause de l’explosion de la demande. Les solutions ne sont que passagères, avec, cette année encore, une veille saisonnière pour les périodes de grand froid ».

Alors que l’hiver s’installe, les écoutants du 115 sont confrontés « à un fort sentiment d’impuissance quand ils répondent sans cesse aux personnes à la rue qu’ils n’ont pas de places à leur proposer ». Et la Fnars de marteler : « Rompre avec les gestions saisonnières de l’exclusion nécessite de proposer des réponses durables et de qualité toute l’année, sans se réduire à une mise à l’abri humanitaire ».

Aussi, la Fnars, qui fédère des structures d’hébergement et de logements accompagnés, ainsi que des Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), demande au gouvernement une loi de programmation pluriannuelle pour adapter les réponses aux besoins sur les territoires et augmenter, notamment, le nombre de places en CADA.

« Loin de résoudre l’ensemble des problématiques actuelles sur l’hébergement des personnes sans abri, ce choix politique permettrait d’accueillir les demandeurs d’asile dans de meilleures conditions et avec un accompagnement et de faciliter les orientations faites par les 115 », conclut la fédération.

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