Regard sur le mal-logement en Europe en 2020

Lutte contre les exclusions

La FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre proposent une photographie du mal-logement sur le vieux continent et des recommandations pour y remédier.

La FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre estiment à 700 000 le nombre de personnes sans domicile dormant à la rue ou en hébergement d’urgence/temporaire sur une nuit dans l’Union européenne. Il s’agit d’une augmentation de 70 % en 10 ans, précisent les deux organisations dans la 5e édition du Regard sur le mal-logement en Europe, qu’elles ont publiée fin juillet 2020. Cette édition 2020 s’inscrit dans un contexte européen bouleversé par la pandémie du Covid-19, éclairant d’une lumière nouvelle le creusement des inégalités sociales dans les États membres. « En première ligne de cette crise sanitaire, les personnes sans domicile, pour qui "rester chez soi" n’est pas une option, et les personnes mal-logées, pour qui les mesures de confinement représentent une souffrance et parfois même un risque », insistent la FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre.

Depuis la première édition du rapport, publiée en 2015, les deux organisations n’ont cessé de « tirer la sonnette d’alarme à propos de l’augmentation inédite de la privation de domicile en Europe ». En 10 ans, dans l’ensemble de l’Union européenne, les profils des personnes sans domicile ont évolué, passant d’une majorité d’hommes isolés à une variété de profils différents : des familles avec enfants, des familles monoparentales, des femmes, des jeunes, des personnes âgées, des ressortissants étrangers… « Par conséquent, si l’accès à un logement digne, adéquat et abordable est un besoin et un droit essentiel à tout être humain, les besoins en matière d’accompagnement se diversifient », plaident la FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre. En effet, un jeune sans-abri de 18 ans originaire d’Afghanistan et demandant l’asile dans un pays de l’Union européenne n’aura pas les mêmes besoins d’accompagnement qu’une femme seule de 58 ans ayant des problèmes de santé mentale ou qu’une famille avec des enfants en bas âge, illustrent-elles.

Dans ces conditions, que doit faire l’Europe ? Pour remédier au mal-logement, la FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre formulent trois types de recommandations.

Recommandations générales sur la réduction et l’élimination du sans-abrisme

L’Union européenne et les États membres doivent prendre « un engagement politique ferme » et « adopter un objectif global d’élimination de la privation de domicile d’ici 2030 ». Parmi les mesures préconisées par les deux organisations :

  • Un renforcement des mesures d’évaluation et de suivi de l’état du sans-abrisme et du mal logement en Europe ;
  • Un suivi des politiques de lutte contre la privation de domicile ;
  • Un renforcement des mesures de financement et d’investissement ;
  • Une garantie de la protection du droit au logement dans les mesures exceptionnelles prises suite à la crise sanitaire du Covid-19.

Recommandations spécifiques sur les conditions d’accueil et d’hébergement des personnes réfugiées en Europe

Pour les deux organisations, l’Union européenne doit redonner la priorité à l’accès aux droits fondamentaux et aux droits sociaux des personnes en besoin de protection et de l’accès aux conditions matérielles d’accueil. Par ailleurs, elles demandent de « protéger les associations de solidarité gérant les services sociaux et médico-sociaux, ainsi que leurs salariés.

Recommandations spécifiques relatives à la crise sanitaire du Covid-19

« Le logement n’a jamais autant été une question de vie ou de mort ; il est un garant de la santé publique », rappellent la FEANTSA et la Fondation Abbé Pierre. Les conséquences de la pandémie démontrent qu’un abri ou un hébergement d’urgence ne peut pas remplacer un chez-soi sûr. « Nous avons aujourd’hui l’occasion de reconsidérer des politiques qui ne fonctionnent pas et de travailler, enfin, à des plans d’action à long terme », veulent croire les deux organisations.

Posté le par

Recommander cet article