Ehpad publics : l’activité repart, les déficits persistent

Publié aujourd'hui à 15h30 - par

La FHF vient de publier les résultats de son enquête nationale sur la situation financière des Ehpad publics à fin 2025.

Ehpad publics : l’activité repart, les déficits persistent
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Pour la 4e année consécutive, la Fédération hospitalière de France (FHF) a dévoilé, le 7 octobre 2026, les résultats de son enquête décrivant la situation financière des Ehpad publics de la fonction publique hospitalière (FPH). Les données présentées proviennent des réponses collectées auprès de 741 établissements publics (autonomes et rattachés à un établissement public de santé) adhérents de la FHF, sur la base des résultats consolidés 2025. Conduite du 5 mars au 26 avril 2026, l’enquête confirme globalement la poursuite des difficultés et des déséquilibres budgétaires en 2025, en particulier sur les sections hébergement et dépendance.

La reprise de l’activité se confirme

L’enquête menée par la FHF confirme le redressement de l’activité observé depuis 2022. Ainsi, pour les 741 Ehpad publics de la FPH répondants, l’activité moyenne 2025 a été de 94,5  %, en stabilité par rapport à 2024. En détail :

  • pour les Ehpad publics autonomes, l’activité moyenne 2025 a été de 96 % (- 0,1 % par rapport à 2024) ;
  • pour les Ehpad publics rattachés, l’activité moyenne 2025 a été de 93,3 % (+ 0,3 % par rapport à 2024).

Comme les années précédentes, l’enquête met en évidence des différences entre la situation des Ehpad autonomes et celle des Ehpad rattachés, avec une dispersion des taux d’occupation et des difficultés plus marquées pour ces derniers, dont 20 % présentaient un taux d’occupation inférieur à 90 % l’an dernier et 12 % un taux d’occupation inférieur à 85 %.

Toujours une majorité d’Ehpad publics en déficit en 2025

Si la Fédération se réjouit de constater une amélioration par rapport à la situation en 2024, l’enquête révèle toujours des résultats déficitaires pour la majorité des Ehpad publics. De fait, près de 6 établissements sur 10 (58 %) affichaient un résultat déficitaire en 2025 (contre 71 % en 2024). Hors aides exceptionnelles, 7 Ehpad publics sur 10 seraient en déficit en 2025, rapporte la FHF. Et, ces déficits concernent aussi les Ehpad qui n’ont pas de difficultés d’activité : 54 % des Ehpad ayant un taux d’occupation égal ou supérieur à 97 % étaient déficitaires.

Selon l’enquête, les déficits sont concentrés sur les sections hébergement et dépendance. Près des deux tiers (65 %) des Ehpad étaient déficitaires sur la section hébergement et plus de huit sur dix (83 %) sur la section dépendance. À l’inverse, seul un quart des établissements était déficitaire sur la section soins. Parallèlement, le déficit moyen à la place demeure massif : 2 952 euros par place en 2025, en légère amélioration par rapport à 2024.

Extrapolés à l’ensemble des Ehpad publics de la FPH, les déficits constatés dans l’échantillon conduisent à estimer le déficit global pour 2025 à environ 400 millions d’euros, dont la majeure partie concernerait les Ehpad rattachés, a calculé la FHF. Ces résultats déficitaires pour l’exercice 2025 viennent s’ajouter aux déficits massifs déjà constatés depuis 2022. La Fédération estime ainsi que le montant cumulé des déficits des seuls Ehpad publics de la FPH pour les quatre derniers exercices (2022-2025) pourrait dépasser les 2 milliards d’euros.

Par ailleurs, la FHF rappelle, une nouvelle fois, le contexte socio-fiscal défavorable aux Ehpad publics. À salaire équivalent, les différences de régime socio-fiscal induisent des écarts de coût global de 15 à 20 % au détriment des Ehpad publics de la FPH par rapport aux autres opérateurs et peuvent contribuer à expliquer les déséquilibres budgétaires plus importants constatés pour les Ehpad publics, soutient la FHF. « Il est plus urgent que jamais de rétablir une équité socio-fiscale ou de compenser dans les mécanismes de tarification ces surcoûts objectifs pour les ESMS publics », réclame-t-elle. Ce sujet constitue « une priorité absolue » pour la FHF, qui demande depuis plusieurs années le lancement d’une mission IGAS-IGF pour objectiver ces écarts et identifier les modalités de leur correction.

La FHF pointe des signaux inquiétants pour 2026

Pour l’exercice 2026 la FHF identifie « plusieurs difficultés, dont le cumul devrait contribuer à une aggravation “mécanique” de la situation financière des Ehpad publics », à savoir :

  • le gel de 215 millions d’euros au titre du mécanisme de mise en réserve prudentielle qui revient à priver les ESMS de crédits votés par le législateur ;
  • un niveau d’aides exceptionnelles divisé par deux par rapport à 2025 (fonds de soutien de 140 millions d’euros – intégrant la mobilisation des marges régionales des ARS – contre 300 millions d’euros en 2023 et 2024) ;
  • une plus faible évolution des tarifs hébergement et dépendance en 2026 qu’en 2025 : évolution moyenne de 1 % des tarifs hébergement et de 0,5 % des tarifs dépendance. Plus de la moitié des conseils départementaux n’ont voté aucune évolution de la valeur départementale de point GIR, donc des financements dépendance ;
  • une nouvelle augmentation de 3 points du taux de cotisations CNRACL au 1er janvier 2026, qui s’ajoute à la hausse de 4 points de 2025. Du fait du caractère partiel de la compensation financière allouée aux Ehpad (compensation à hauteur de 60 % environ de la charge nouvelle imposée aux seuls employeurs publics), la hausse programmée de 13 points du taux de cotisations entre 2025 et 2028 ne peut qu’aggraver la situation financière des Ehpad publics ;
  • une campagne budgétaire 2026 marquée par une mesure d’efficience de 50 millions d’euros, qui réduit les dotations régionales limitatives (DRL) des ARS et limite les possibilités de soutien ;
  • des dépenses exceptionnelles liées à la canicule qui réduisent les enveloppes de soutien aux ESMS en difficulté (et notamment les crédits non reconductibles des ARS) ;
  • une nouvelle hausse de l’inflation en 2026 en raison des événements internationaux : alors que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été construite sur une hypothèse de 1,1 %, l’inflation réellement constatée cette année devrait être supérieure à 2 % (+ 2,4 % d’évolution de l’indice des prix à la consommation sur 12 mois en août 2026), accentuant de nouveau le « décrochage » observé avec les tarifs aide sociale depuis 2021, alerte la FHF.

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