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Michel Nicolas

Michel Nicolas

DGA délégué à l'Économie responsable, l'emploi, l'innovation, l'Europe et l'International à Nantes Métropole

« Mon métier nécessite d'apporter des réponses aux transitions, à mettre le territoire en innovation ouverte et à déployer toutes les coopérations nécessaires pour agir. »

Quelles sont vos fonctions actuelles et les grandes étapes de votre parcours professionnel ?

Michel Nicolas : La tentation de confirmer mon pas de côté dans la territoriale m'amène sur un nouveau défi professionnel à Nantes Métropole où j'occupe, depuis le début de l'année, les fonctions de DGA délégué à l'Économie responsable, l'emploi, l'innovation, l'Europe et l'International. En réalité j'ai toujours cheminé de pas de coté en pas de côté !

De formation initiale scientifique, ma vie professionnelle a démarré dans l'industrie, où je réalise des missions pour les collectivités locales, notamment pour la région PACA. Nous sommes au début des années 90 et la décentralisation consacre à l'époque les régions. Ainsi démarre ma rencontre avec le service public local ! S'en suivent 5 années en tant que chargé de mission à la Région Haute-Normandie (et au passage l'obtention d'un DESS de droit public local), puis 11 années en tant que DGS de communes (Bourg-les-Valence et Romans dans la Drôme).

La fonction de DGS amène souvent à traiter de sujets originaux. Ce sera pour moi la création d'un pôle de cinéma d'animation à Bourg-les-Valence.

Il n'est pas impossible que je sois le seul fonctionnaire territorial à avoir saisi la commission de déontologie pour aller diriger un studio de cinéma d'animation... Ce pas de coté est cette fois un grand écart. Je découvre le monde de la production cinématographique dans un studio (« césarisé » à 2 reprises et sélectionné aux Oscars) durant 3 années intenses mais passionnantes.

Fin de disponibilité et choix à faire, je reviens dans la territoriale en tant que DGA de Valence Romans Agglo de 2017 à 2020. C'est dans cette dernière ligne droite, que je découvre mon moteur, ou plutôt mon carburant, à savoir ma capacité à agir face aux transitions en amenant des solutions territoriales innovantes.

En 2020, je prends la direction d'une expérimentation financée par le programme d'État Territoires d'innovation, dont nous sommes lauréats, en amenant les élus de Valence Romans Agglo à coopérer avec un acteur important de l'économie sociale et solidaire. Notre projet est de mettre le citoyen au cœur d'une démarche de solutions socialement innovantes, utiles aux territoires et aux défis des transitions.

Si vous deviez décrire votre métier actuel en 3 mots, quels seraient-ils ?

Michel Nicolas : Si je considère que ma dernière expérience est une préfiguration de ce qui pourrait s'appeler le développement économique de demain, et bien mon métier nécessite d'apporter des réponses aux transitions, à mettre le territoire en innovation ouverte et à déployer toutes les coopérations nécessaires pour agir.

Quelles sont les qualités essentielles inhérentes à vos fonctions ?

Michel Nicolas : On me dit souvent que je suis diplomate, pourtant je n'hésite pas à mettre en avant ma conviction profonde de notre capacité à jouer un rôle nouveau dans une société complexe, qui nous amène à faire preuve tout à la fois d'assertivité et d'engagement.

Qu'est-ce qui vous fait lever chaque matin ?

Michel Nicolas : Ce moment de crises successives que nous vivons est aussi une opportunité pour la créativité dans les territoires, pour inventer des solutions nouvelles, pour imaginer des alliances inédites, tout cela me passionne !

L'engagement est aussi un facteur important, je crois que les élus attendent de nous que nous défendions des pratiques nouvelles, que nous amenions des idées nouvelles face aux défis du climat et à ses conséquences sociales.

Quel est le projet qui vous a le plus marqué et dont vous êtes le plus fier ?

Michel Nicolas : Il y a 2 projets sur lesquels je me suis particulièrement engagé et qui m'ont prouvé qu'il fallait garder le cap contre vents et marées, ne pas céder aux doutes ou à la pression. La création du pôle de cinéma d'animation de la Cartoucherie à Bourg-les-Valence, démarré dans une école désaffectée de la ville en 2009 avec un 1er studio de 23 personnes et qui en compte 500 aujourd'hui. La confiance des élus, l'implication des services, la transformation d'une friche industrielle de l'armement en temple des industries culturelles créatives ont été pour moi un réel plaisir.

Piloter la conception du projet retenu comme lauréat du programme territoire d'innovation, mettre en œuvre toutes les alliances nécessaires, développer la possibilité d'une économie de l'impact positif m'ont transformé et conscientisé aux enjeux du développement durable. Ce fut un incroyable succès pour le territoire de Valence Romans, mais aussi la naissance d'un changement de regard sur mon approche et mon engagement.

Avez-vous un rêve que vous souhaiteriez concrétiser ?

Michel Nicolas : Je fais partie des générations qui ont grandi avec l'insouciance d'une richesse infinie quelle que soit la population de la planète. Je me prends à rêver d'un autre regard collectif. Celui d'une société humaine qui prend en compte ses limites sociales et environnementales.

À l'heure où s'écrivent ces lignes, je ne dirais pas que c'est une utopie mais bien un rêve que nous sommes capables d'atteindre. Différents territoires dans le monde s'engagent sur cette voie de réflexion à l'initiative de collectivités, de citoyens, d'acteurs conscientisés.

Les transitions, c'est d'abord l'idée que nous sommes tous à des stades différents pour y faire face, il faut que les plus avancés tirent les moins avancés. Il nous faut changer de carte mentale en intégrant l'idée d'un plancher social et d'un plafond environnemental dans notre façon d'appréhender l'évolution du territoire.

Quelles sont les rencontres qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ?

Michel Nicolas : Elles sont trop nombreuses ! Je pourrais citer ici de nombreux élus et agents de la FPT avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler, mais j'ai particulièrement été marqué ces dernières années par l'engagement des jeunes comme Maxime de Rostolan, créateur des Fermes d'avenir, Éva Sadoun, créatrice de Lita.co que j'ai pu rencontrer dans le cadre de Territoires d'innovation.

L'année 2021 fut particulièrement riche en belles rencontres lors du Cycle supérieur des transitions de l'Inet à commencer par les créateurs de ce cycle, Véronique Balbo-Bonneval et Bruno Paulmier, et ensuite les 23 autres collègues tous sortis, comme moi, transformés par cette formation.

Quelle est votre citation préférée et pourquoi ?

Michel Nicolas : Mes dernières expériences m'ont amené à prendre conscience de prendre soin de notre langage, de l'intérêt d'écrire notre récit pour faire société. Edgar Morin le synthétise très bien « C'est le langage, et non pas l'homme qui est unique. »

Quels sont les deux changements les plus importants qui ont impacté votre carrière ?

Michel Nicolas : Je crois que les crises du Covid et du Climat m'impactent directement ou indirectement sur mes choix professionnels, notamment quant à ma raison d'être au service des territoires et d'un monde plus désirable pour les générations futures.

 

Propos recueillis par Hugues Perinel

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