Appel à la grève illimitée des chirurgiens libéraux

Santé

HOSPIMEDIA – Au regard des nombreux appels à la grève, il fallait s’y attendre : le mouvement de grève illimité des chirurgiens libéraux a fait boule de neige et pourrait s’installer quelque temps. Dès mercredi, une manifestation nationale est d’ailleurs programmée.

Pour ce premier jour, très vite, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) de Médecine chirurgie obstétrique (MCO) a signalé qu’environ deux tiers des établissements de santé privés étaient touchés et présentaient des pourcentages de participation de l’ordre de 65 à 70 %, a indiqué un porte-parole de la fédération à Hospimedia. Dans son premier bilan, la FHP MCO relève aussi que la région Auvergne semble avoir été épargnée par le mouvement général de grève, ajoute-t-il. Sans surprise, les régions les plus affectées sont l’île-de-France (avec 82 % de cliniques fortement touchées) et la région Rhône-Alpes (avec 60 % d’établissements fortement impactés), lit-on dans le communiqué de la fédération.

D’un côté, les chirurgiens libéraux et leurs représentants non signataires de l’avenant n° 8 de la convention médicale sur les dépassements d’honoraires demandent la réouverture des négociations et de l’autre, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, semble camper sur ses positions. Alors que les chirurgiens libéraux étaient de plus en plus nombreux à s’inscrire en grève illimitée, elle a lundi multiplié les déclarations en faveur de l’accord en cause, que ce soit au Sénat dans le cadre des discussions autour du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) ou dans les médias. Répondant aux questions de Christophe Barbier sur iTélé, elle a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un « bon accord » dans la mesure où il « permet d’encadrer c’est-à-dire interdire les dépassements abusifs ». Elle l’a aussi qualifié d’ « accord donnant-donnant ». En contrepartie d’un non-engagement des médecins d’augmentation des tarifs, la Sécurité sociale pourra alors mieux rembourser les patients et augmenter la base de remboursement des actes, a-t-elle ajouté. Avant de conclure que la revalorisation des tarifs de base se fera progressivement et d’insister également sur le fait qu’elle ne pouvait pas en quelques semaines compenser les absences depuis des années de revalorisation.

En ce qui concerne le mouvement des internes, elle a semblé vouloir être rassurante, déclarant que le gouvernement n’a pas le projet de remettre en cause la liberté d’installation des jeunes médecins. Elle a même indiqué qu’elle annoncera dans quelques semaines un plan de lutte contre les déserts médicaux qui devrait compléter les mesures prises dans le cadre du PLFSS. Pendant ce temps, dans la rue, le cortège parisien en faveur des internes a réuni 1 700 internes, selon la police.

Pendant cette première journée de grève, les acteurs du secteur ont multiplié les communications. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) a clairement dénoncé la grève des chirurgiens, accusant notamment le secteur privé dans un communiqué de désorganiser davantage l’hôpital public. De son côté, la Fédération hospitalière de France semble prendre les devants en attirant « l’attention des pouvoirs publics sur les conséquences du mouvement de grève annoncé par les représentants des chirurgiens libéraux ». La fédération suggère à la ministre de demander si nécessaire aux préfets de prendre les réquisitions nécessaires vis-à-vis des praticiens des cliniques mais aussi que « la mission de permanence des soins assurée par les hôpitaux publics soit augmentée par réduction des enveloppes affectées aux établissements privés qui s’exonèrent dans les faits de toute responsabilité dans la permanence des soins », écrit la FHF.

L.W.

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