HCSP : le point sur son rapport d’activité 2011

Santé

Dans son rapport d’activité 2011, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) dresse un bilan du secteur en France. Et s’inquiète, dans un édito plutôt virulent, de la dévalorisation des 100 objectifs de la loi de santé publique de 2004.

D’après ce rapport, le HCSP n’aurait pas chômé en 2011. Quarante-et-un avis ont été émis et quinze rapports ont été rendus. La structure a également évalué le plan de préservation de l’efficacité des antibiotiques, le plan psychiatrie-santé mentale, le plan douleur et le plan cancer 2009-2013, dans l’objectif de faire des recommandations pour la poursuite des politiques dans ces domaines.

Malgré ces travaux, le HCSP est souvent décrié. Certains de ses détracteurs affirment que son statut n’est pas clair, d’autres que les 115 experts qui la composent font preuve d’un excès d’indépendance, tant vis-à-vis du pouvoir administratif que du pouvoir politique. La critique la plus offensive reste celle de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur l’expertise sanitaire, parue en avril 2011.

« Le HCSP est nécessaire, voire indispensable », selon son président

Le professeur Roger Salamon, président du HCSP, espère que la publication de ce rapport convaincra « les procureurs les plus acharnés ». Cette instance, affirme-t-il dans un édito véhément, est « nécessaire, voire indispensable pour participer à l’élaboration et à l’évaluation de la politique de santé qui se doit d’être à la hauteur d’un pays comme la France ».

Créée par la loi du 9 août 2004 et mise en place en mars 2007, elle a pour tableau de bord les 100 objectifs de la loi de santé publique de 2004. Ceux-ci mettent en exergue « l’importance de la prévention, de la réduction de la mortalité prématurée et des inégalités de santé entre les régions ou groupes de personnes », précise le ministère de la Santé.

Des objectifs non exhaustifs

Ces 100 objectifs sont donc censés refléter l’état de santé de la population et cibler les champs dans lesquels des progrès sont effectivement possibles, sans viser l’exhaustivité. « Je suis pour ma part persuadé que ce tableau de bord devrait contenir encore plus d’items et que leur nombre pourrait largement dépasser 100 ! », assure Roger Salamon. Il s’explique : « La définition d’une priorité de santé publique ne se décrète pas, même en élevant la voix, (…) elle se construit en s’appuyant sur des données épidémiologiques, médico-économiques, en ne négligeant pas la demande sociale, le poids des médias, le rôle des lobbies industriels et des associations d’usagers ou de patients. »

Un avenir incertain

Roger Salamon a entamé, en 2011, un deuxième mandat à la tête du HCSP. Sa mission prospective a été élargie, notamment par la création de groupes de travail transversaux tels que « Adaptation et prospective » ou « Santé à l’école ». Reste à savoir si le changement de gouvernement ne va pas remettre en cause l’existence de cette instance…

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