L’accès aux soins toujours plus difficile, alerte la FHF

Publié aujourd'hui à 15h00 - par

La troisième édition du Baromètre FHF x Ipsos BVA sur l’accès aux soins révèle une dégradation inédite de la situation.

L'accès aux soins toujours plus difficile
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12 jours d’attente en moyenne pour un rendez-vous chez un médecin généraliste, 3 semaines et 2 jours chez un pédiatre, 2 mois chez un gynécologue ou un psychiatre, 3 mois et 2 jours chez un cardiologue, 4 mois et 2 semaines chez un dermatologue… Résultat, près des trois quarts (73 %) des Français déclarent avoir déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, contre 63 % en 2024. Cette hausse de 10 points représente près de 7 millions de personnes supplémentaires. Dévoilé le 17 mars 2026, le 3e Baromètre FHF x Ipsos sur l’accès aux soins révèle « une dégradation inédite de la situation », alerte la Fédération Hospitalière de France.

Dans l’ensemble, cette nouvelle édition du Baromètre met en évidence une situation tendue sur tout le territoire, mais également des fractures territoriales importantes sur certaines spécialités, quand « chaque citoyen devrait être traité de la même manière quel que soit son lieu », rappelle la Fédération. En conséquence, un Français sur deux affirme s’est déjà rendu aux urgences sans être en situation d’urgence médicale, faute d’alternative. En parallèle, la FHF relève des tendances particulièrement préoccupantes chez les jeunes générations : le renoncement aux soins atteint 85 % des moins de 35 ans, tandis qu’ils sont également 57 % à s’être déjà rendus aux urgences pour des raisons qui ne relevaient pas d’une urgence médicale.

La colère des Français face aux inégalités de santé

Cette dégradation continue de l’accès aux soins, mesurée depuis 2019 par la FHF, suscite l’inquiétude et la colère des Français. Selon la troisième édition du Baromètre :

  • 90 % des Français sont en colère face au manque de moyens alloués à l’hôpital public et aux conditions de travail du personnel soignant ;
  • 89 % pensent que sans un rapide et réel investissement financier dans le système de santé, nous courons à la catastrophe ;
  • 85 % sont révoltés par les inégalités d’accès aux soins qui persistent sur le territoire ;
  • 73 % ont peur de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent ;
  • 63 % ont peur d’être hospitalisés au vu de la situation actuelle des hôpitaux.

Les Français gardent confiance dans les professionnels de santé

En dépit d’un système de santé « en danger », dixit la FHF, les Français restent très majoritairement reconnaissants à l’égard des professionnels de santé. Selon le Baromètre, 95 % sont reconnaissants envers les professionnels de santé qui s’efforcent de maintenir la qualité des soins malgré un contexte difficile.

« Les Français attendent légitimement un sursaut politique : il y a urgence à agir pour la santé ! », insiste la déléguée générale de la FHF, Zaynab Riet. Pour la Fédération hospitalière de France, il est temps d’engager des réformes structurelles. La FHF exige, priorité, une loi de programmation en santé, sur le modèle de la défense ou de la justice, « pour donner de la visibilité et de la stabilité au système dans son ensemble. » « Nous ne pouvons plus piloter notre système de santé sans boussole », reprend Zaynab Riet. Selon elle, la même logique vaut pour la transition démographique : une loi de programmation sur le grand âge s’avère « indispensable pour adapter notre société au vieillissement qui arrive. » Enfin, la FHF réclame une mobilisation forte sur des enjeux majeurs comme la santé des femmes et la psychiatrie, « pour répondre aux besoins les plus criants et aux impensés qui continuent de fragiliser certaines populations. » « Nous ne remettrons pas durablement notre système de santé sur pied sans une vision de long terme et une stratégie claire pour les années à venir », martèle la déléguée générale de la FHF.