Le temps, point noir de la prise en charge infirmière

Santé

HOSPIMEDIA – Selon les résultats de l’enquête Temporelles* consacrée à la manière dont les patientes et le personnel infirmier vivent la prise en charge en hospitalisation de jour pour administration d’une chimiothérapie dans le cas d’un cancer du sein, 9 infirmiers sur 10 sont satisfaits de leur métier.

Ils le sont notamment sur le plan de l’implication dans la prise en charge en termes de suivi des patientes dans la durée et sur la possibilité de créer des relations. Mais ils (46 %) regrettent cependant le manque de temps à consacrer aux patients sur les aspects de soutien et d’écoute. Une vision qui n’est pourtant pas partagée par les patientes, qui jugent à plus de 80 % que les infirmiers leur consacrent assez de temps pour leur fournir des informations ainsi que pour le soutien et l’écoute dont elles ont besoin. Cet échange entre patientes et infirmiers s’effectue principalement pendant l’administration du traitement (83 %), pendant la surveillance qui suit (46 %) et pendant la préparation des traitements (40 %). Cette période de discussion est également prise pour l’éducation thérapeutique, selon 91 % des professionnels de santé, même si 52 % souhaiteraient y consacrer plus de temps.

Cette étude révèle en outre le rôle pivot des infirmiers qui sont sollicités à hauteur de 91 % concernant des informations lues par les patientes dans la presse et se font le relais de la patiente avec l’oncologue. Les oncologues échangent en effet régulièrement avec les infirmiers au sujet des patientes. La plupart du temps, il s’agit de discussion informelle (en moyenne toutes les semaines) ou lors de réunions d’équipe (tous les 13 jours en moyenne). Les soignants partagent alors avec l’oncologue des propos et des questions que la patiente n’a pas eu le temps ou n’a pas osé aborder directement avec lui. Ainsi, 84 % des soignants estiment que les informations qu’ils remontent sont prises en charge par l’oncologue. À noter la durée moyenne des discussions entre la patiente et l’oncologue (14 minutes) et le soignant (13 minutes).

Les patients passent en moyenne trois heures à l’hôpital de jour lors de chaque administration de traitement, dont 50 minutes d’attente. Si elles n’expriment pas le souhait de réduire ce temps passé à l’hôpital de jour, elles sont 30 % à le juger plutôt ou très contraignant et 4 sur 10 à réclamer une réduction du délai d’attente. Les auteurs de l’étude évoquent donc logiquement comme piste d’amélioration une optimisation de l’organisation en vue de réduire cette attente.

Pia Hémery

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*L’enquête a été réalisée par Kantar Health à l’initiative du laboratoire Roche entre février et août 2013. 105 établissements ont participé à l’étude soit 3 812 patientes et 630 infirmiers répartis sur tout le territoire.

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