Plan Greffe 2 : pas de nouveaux moyens financiers mais un rééquilibrage

Santé

HOSPIMEDIA – Le second plan Greffe arrive dans un contexte réglementaire rénové. L’Agence de la biomédecine chargée de le mettre en œuvre souligne l’importance d’une filière de prise en charge complète en réseau.

HOSPIMEDIA – Plus de dix ans après l’annonce du premier plan Greffe (2000-2003), un second volet est amorcé dans un contexte réglementaire différent – HPST, loi bioéthique 2011 – mais avec globalement les mêmes objectifs : développer les dons et greffes. Cette fois, c’est l’Agence de la biomédecine (ABM), créée en 2005, qui se retrouve à la maîtrise d’œuvre du nouveau plan gouvernemental (2012-2016). À l’occasion d’un déjeuner de presse* de présentation ce 12 avril, Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice générale de l’ABM, a insisté sur l’importance de soutenir les dispositifs existants pour augmenter les activités de prélèvement et de greffes d’organes, de tissus et de cellules souches hématopoïétiques et renforcer le suivi des patients greffés et donneurs vivants prélevés.

Finances en question

Premier constat, contrairement à d’autres plans gouvernementaux, l’annonce de celui-ci ne s’est pas accompagnée de nouvelles dotations financières particulières. La directrice de l’ABM a reconnu qu’il n’y a pas en effet d’affichage financier dans ce plan, ajoutant que les activités de greffe font l’objet de chiffrages précis et peuvent donc être considérées comme bien financées. Toutefois, elle a aussi déclaré que des difficultés existaient souvent, afin que l’argent attribué sous forme de forfait aux établissements pour les greffes soit bien accordé au service des greffes. Pour que les directions des structures concernées ne soient pas tentées de détourner, par exemple, ces sommes vers d’autres services ou qu’elles s’en servent pour combler des déficits, il faut que la greffe devienne une de leurs priorités. Les sommes en jeu sont conséquentes. Ces forfaits peuvent atteindre 3 millions d’euros. Une volonté politique déterminée à imposer la greffe comme une priorité est indispensable, a-t-elle estimé.

Peut mieux faire

Par ailleurs, les principales mesures du plan peuvent s’appuyer sur les récentes réglementations en vigueur, comme la loi bioéthique qui ouvre de nouvelles perspectives de dons en élargissant le cercle des donneurs potentiels. Seulement, tous les décrets d’application de cette loi ne sont pas encore parus. Celui concernant les dons croisés doit néanmoins être publié cette année, selon la directrice de l’ABM. Elle a aussi souligné la volonté du second plan Greffe de structurer la prise en charge en termes de filière, que ce soit en amont ou en aval des greffes, en misant notamment sur le développement des réseaux alliant les services hospitaliers de néphrologie, les acteurs de la médecine de ville, les paramédicaux et les directions des hôpitaux et des cliniques…

Le premier réseau de ce type, Nephrolor, né il y a dix ans, se trouve en Lorraine (CHU de Nancy). Deux autres ont vu le jour dans le Nord (CHRU de Lille) et en Aquitaine (CHU de Bordeaux). L’ABM compte sur l’appui (financier et politique) des ARS pour encourager les initiatives de réseaux. Ces derniers ont un rôle important à jouer dans la sensibilisation des acteurs de santé aux enjeux du don et dans le suivi des personnes greffées.

Objectifs chiffrés

Parmi les objectifs chiffrés du plan Greffe 2012-2016, se trouve l’augmentation de façon significative du nombre de personnes inscrites sur le registre des donneurs de moelle osseuse. Ce chiffre établi à 190.000 devrait atteindre 240.000 en 2015. L’ABM espère non seulement inscrire de nouveaux donneurs potentiels mais aussi les maintenir dans le registre pour plusieurs années, voire 20 ou 30 ans. L’augmentation des prélèvements de sang placentaire est aussi au programme du plan. Les banques de cellules souches issues de sang de cordon comptent aujourd’hui 17 000 cordons stockés et devraient passer à 30.000 fin 2013. Pour atteindre ces objectifs, le plan Greffe 2 compte sur une mobilisation des professionnels de santé afin d’encourager à la fois les dons et greffes.

Lydie Watremetz
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* Ce point presse a réuni autour d’Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice générale de l’ABM, Karim Laoubdia-Sellami, directeur général adjoint en charge de la politique médicale et scientifique, Alain Atinault, directeur de la Direction opérationnelle du prélèvement et de la greffe (organes et tissus) et Michèle Kessler, néphrologue au CHU de Nancy.

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