La Cour des comptes constate la faible attractivité des quartiers prioritaires

Urbanisme

L’attractivité des quartiers prioritaires a peu progressé en dix ans en dépit des moyens financiers et humains déployés, relève un rapport de la Cour des comptes rendu public mercredi 2 décembre 2020.

Les auteurs du rapport, qui porte sur la décennie 2008-2018, pointent « l’image durablement ternie » de ces quartiers par les « problèmes de sécurité », qui empêchent toute amélioration.

Ils s’appuient sur l’étude des données nationales et de la situation dans huit quartiers prioritaires de quatre régions métropolitaines : Hauts-de-France, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côtes d’Azur.

« Dans les quartiers qui ont bénéficié du programme national de rénovation urbaine (PNRU), le cadre et les conditions de vie de leurs habitants se sont améliorés, parfois très sensiblement comme aux Minguettes (à Vénissieux, en banlieue de Lyon), sans toutefois que l’image extérieure des quartiers ne se transforme », précisent-ils.

Les auteurs ont évalué l’efficacité des politiques publiques sur l’attractivité des quartiers prioritaires autour de trois aspects de la vie quotidienne : le logement, l’éducation et l’activité économique.

L’État consacre environ dix milliards d’euros chaque année à la politique de la ville, auxquels s’ajoutent les financements de la rénovation urbaine et les dépenses « difficilement mesurables » des collectivités territoriales.

L’objectif visant à réduire les écarts entre les quartiers prioritaires et les autres « s’efface devant un objectif plus modeste d’amélioration des conditions de vie de leurs habitants », notent les auteurs.

Selon le rapport, 5,4 millions de personnes résident dans les 1 514 quartiers désignés comme quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), situés dans 859 communes.

En matière d’activité, les quartiers prioritaires ont connu un recul économique et commercial entre 2008 et 2018.

« Peu aidés par les dispositifs de développement économique qui s’y révèlent inefficaces, ces quartiers ne parviennent pas à attirer de nouvelles activités alors que les activités illicites, par nature mal mesurées mais bien réelles pour les habitants, s’y développent », poursuit la Cour des comptes.

Sur le plan de l’éducation, les élèves ont des résultats scolaires inférieurs à la moyenne de leur académie, malgré une amélioration depuis dix ans.

Au final, la Cour des comptes recommande une réforme substantielle de la politique de ville, en renforçant notamment la décentralisation de cette politique dont la mise en œuvre serait confiée à la collectivité « la plus pertinente » autour de « projets de quartiers ».

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