Seine-Saint-Denis : les JO-2024 à Paris sont une vrai opportunité

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Éco-quartiers, infrastructures nouvelles, dépollution… En s’assurant, sauf coup de théâtre, l’organisation des JO-2024, Paris offre à sa banlieue déshéritée de Seine-Saint-Denis l’occasion de transformer le rendez-vous sportif en « accélérateur » de son renouvellement urbain.

Los Angeles officiellement candidate depuis mardi 1er août à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2028, Paris peut désormais préparer les JO en 2024, et la Seine-Saint-Denis en attendre les fruits.

Si la capitale est au centre de la candidature, les Jeux doivent aussi profiter à sa banlieue Nord, qui accueillera six sites de compétition (athlétisme, natation, water-polo, tir, badminton, volley), les cérémonies d’ouverture et de clôture au Stade de France et la construction d’équipements majeurs : village olympique, village des médias, piscine olympique.

L’argument était porteur auprès d’un CIO attaché à ce que les JO laissent un « héritage » au-delà de la compétition et répondent aux besoins du territoire, après les critiques contre les Jeux d’Athènes, Sotchi ou encore Rio.

En Seine-Saint-Denis, les besoins sont clairement identifiés : « territoire le plus jeune et cosmopolite de France », écrit Paris dans son dossier de candidature, avec un taux de pauvreté supérieur de 13 points à la moyenne nationale selon l’Insee (27,8 % contre 14,5 %), un cadre de vie sacrifié au profit des grands axes qui desservent la capitale, mais aussi une réputation ternie par la violence et le trafic de stupéfiants.

Sans compter un déficit d’équipements sportifs, et un constat : plus d’un enfant sur deux entre au collège sans savoir nager, avec un taux de non-nageurs supérieur à 80 % dans certains établissements, selon le département.

Dans ce contexte, l’apparition d’une piscine olympique et la construction ou rénovation d’autres bassins est bienvenue, de même que la reconversion annoncée des futurs villages olympiques (à cheval sur les communes de Saint-Denis, l’Île-Saint-Denis et Saint-Ouen) et des médias (à Dugny, près du Bourget) en « éco-quartiers » avec de 3 700 à 5 000 nouveaux logements à la clé.

Sept ans de chantier

Sont également annoncés des aménagements routiers, la construction de murs anti-bruit, l’enfouissement de lignes à haute tension ou encore la dépollution de certains terrains. Autant de projets attendus de longue date, mais dont la réalisation est désormais « sécurisée » par l’arrivée des JO, selon les élus locaux.

Le président du Conseil départemental Stéphane Troussel y voit ainsi un « coup d’accélérateur » pour la « dynamique de transformation urbaine » du département.

L’élu socialiste attend des retombées économiques mais également symboliques pour le département, en redorant son image. « Le renouveau de New York s’est fait plutôt à Brooklyn qu’à Manhattan, on peut dire que le renouveau du Grand Paris est plutôt en Seine-Saint-Denis que dans le 7e arrondissement de Paris », tente-t-il.

Le département doit donc une partie de son salut aux grands événements sportifs internationaux, sans lesquels ses projets patinent.

Au début des années 1990 déjà, l’attribution à la France de l’organisation de la Coupe du monde de football 1998 avait accéléré la requalification d’un site désindustrialisé dans cette proche banlieue Nord de Paris : la populaire ville de Saint-Denis a accueilli le Stade de France, autour duquel a poussé un quartier d’affaires.

Les JO, « j’ai l’habitude de dire que c’est le deuxième étage de la fusée après le Stade de France », relève Patrick Braouezec, président de la Communauté d’agglomération Plaine Commune.

« Sans les JO, on aurait sans doute mis plus de temps à réaliser des choses, on n’aurait pas eu l’assurance que le Grand Paris Express (futur métro automatique en rocade autour de Paris) arrive en temps et en heure », ajoute-t-il.

L’argument « heurte profondément » le député France insoumise de la circonscription Éric Coquerel. « C’est difficilement entendable qu’il faille les JO pour recouvrir les autoroutes, pour enfouir les lignes haute tension, pour finaliser la construction d’éco-quartiers », avance-t-il, estimant que la « bataille » commence « pour que les équipements promis se fassent, qu’ils servent vraiment » aux habitants.

Tout l’enjeu est là, pense aussi Nadia Boussa, une habitante de Seine-Saint-Denis. « J’espère que les retombées, les infrastructures, les logements profiteront bien aux gens du territoire ». Afin que les sept années de chantier qui s’annoncent et les nuisances qu’elles impliquent « en vaillent vraiment la chandelle ».

Myriam Lemetayer

 

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Posté le par Rédaction Weka

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