Ayant pris connaissance des projets de loi de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, présentés le 1er octobre 2026, l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) dénonce le choix du gouvernement « de geler les aides des ménages modestes et de ponctionner les communes qui leur viennent en aide. » Au même titre que l’ensemble des associations d’élus, l’UNCCAS sait que l’état des finances publiques impose des choix difficiles. Mais l’Union « ne peut accepter que les plus fragiles en soient les premières victimes. » En cette « rentrée sociale explosive », ces mesures risquent d’aggraver encore la situation, prévient-elle.
Un gel inédit de plusieurs prestations sociales
L’UNCCAS s’indigne, tout particulièrement du « gel inédit » de plusieurs prestations sociales. De fait, le gouvernement a annoncé que les prestations familiales ne seraient pas revalorisées au niveau de l’inflation, de même que la prime d’activité. « Ce qui reviendrait à neutraliser leur effet protecteur pour les familles et les travailleurs modestes, au moment même où la hausse des prix pèse lourdement sur leur budget », insiste l’Union. À cela, vient s’ajouter la décision de ne pas revaloriser les aides personnelles au logement. Pour les étudiants, les personnes en difficulté, ou les retraités accompagnés par les CCAS, « ces aides sont pourtant indispensables pour accéder à un logement et surtout s’y maintenir. » Selon l’UNCCAS, ces mesures auront une conséquence délétère : la baisse du reste à vivre pour les publics concernés qui devront se tourner vers les CCAS et les associations pour se nourrir, s’habiller ou se déplacer. Par ailleurs la volonté affichée par le gouvernement de dégager 5,5 milliards d’euros d’économies en ne revalorisant pas intégralement les pensions des retraités percevant plus de 1 260 euros par mois témoigne, selon l’Union, d’une incompréhension de la pauvreté des personnes âgées. « Qui prendra en charge les conséquences sociales de ces mesures ? », interroge-t-elle.
Le financement des collectivités et de l’action sociale de proximité menacé
Parallèlement, le gouvernement veut imposer une cure d’amaigrissement de 5,4 milliards d’euros aux finances locales, notamment à travers une nouvelle contribution progressive des collectivités à l’effort budgétaire, la CPEB, pour 2,5 milliards d’euros. À cela s’ajoutent l’écrêtement de la dynamique des fractions de TVA et le coup de rabot porté au FCTVA, énumère l’UNCCAS. Et, cerise sur le gâteau, le Fonds national d’action sociale (FNAS) destiné aux Caisses d’allocations familiales (CAF) serait lui aussi appelé à baisser la voilure, au risque de fragiliser les financements accordés aux établissements sociaux sur tout le territoire. « Affaiblir les revenus et les droits des personnes les plus fragiles tout en affaiblissant les collectivités qui les accompagnent revient à fragiliser simultanément les deux piliers de notre protection sociale », s’insurge le président de l’UNCCAS, Luc Carvounas.
L’UNCCAS s’en remet au Parlement
Ayant découvert « avec une grande surprise » l’ampleur et le ciblage de ces mesures d’économie, l’UNCCAS regrette que « le redressement des comptes publics repose aussi largement sur les ménages modestes et sur les collectivités qui les accompagnent au quotidien. » Aujourd’hui, elle en appelle aux députés et sénateurs. L’Union demande au Parlement de mesurer pleinement les conséquences sociales et territoriales des choix qui lui sont désormais soumis. « Il appartient désormais aux parlementaires de veiller à ce que le redressement des comptes publics ne se traduise pas par un recul de la solidarité, du service public local et de l’accompagnement des plus fragiles », conclut l’UNCCAS.