Chaque année, de nombreux changements entrent en vigueur le 1er janvier dans les domaines du travail et de l’emploi, de la santé, des solidarités. Récapitulatif des principaux changements.
Ce qui change au 1er janvier 2026 pour le travail et emploi
SMIC et minimum garanti
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est revalorisé de + 1,18 %. Voici les nouveaux montants applicables au 1er janvier 2026 :
- SMIC horaire brut : 12,02 euros (contre 11,88 euros depuis novembre 2024) ;
- SMIC mensuel brut (temps plein) : 1 823,03 euros (contre 1 801,80 euros), soit une hausse de 21,23 euros brut par mois, sauf à Mayotte ;
- SMIC mensuel net : 1 443,11 euros.
À Mayotte, ces montants sont spécifiques :
- SMIC horaire brut : 9,33 euros (contre 8,98 euros depuis novembre 2024) ;
- SMIC mensuel brut (pour un temps plein) : 1 415,05 euros (contre 361,97 euros).
Enfin, le nouveau montant du minimum garanti est fixé à 4,25 euros.
Cotisations et prestations sociales
- Le plafond de la sécurité sociale est revalorisé de 2 % environ. Le plafond annuel de la sécurité sociale est fixé à 48 060 euros au 1er janvier. Le plafond mensuel s’établit donc à 4 005 euros.
- Le taux de la cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée du régime général est relevé de 2,02 % à 2,11 %, tandis que le taux moyen des cotisations AT-MP diminue de 2,12 % à 2,08 %.
- La gratification minimale accordée aux stagiaires est portée de 4,35 à 4,50 euros par heure, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, conformément à l’article L. 124‑6 du Code de l’Éducation
Aide aux employeurs d’apprentis
L’aide est désormais réservée aux entreprises de moins de 250 salariés pour l’embauche d’un apprenti préparant une certification reconnue aux niveaux 3 et 4 de qualification (équivalent bac et infra bac). Son montant est maintenu à 5 000 euros, au titre de la seule première année du contrat.
Dans ce même cas de figure, le montant de l’aide est maintenu à 6 000 euros pour l’embauche d’apprentis en situation de handicap. Ce soutien reste cumulable avec les aides spécifiques qui leur sont destinées.
Pensions de retraite
Les pensions de retraite de droit propre et de droit dérivé des régimes de base, ainsi que leurs majorations (minimum contributif et minimum de réversion), sont revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, conformément à l’article L. 161-23-1 du Code de la sécurité sociale.
Le minimum de la pension de réversion, également revalorisé de 0,9 %, est porté à 334,92 euros par mois pour une durée d’assurance d’au moins quinze années.
Ce qui change en 2026 dans le domaine de la santé
Revalorisation de certaines consultations médicales et soins de santé
À compter du 1er janvier 2026, plusieurs revalorisations des actes et consultations de santé entrent en vigueur.
- Une revalorisation des consultations médicales ciblées sur certaines spécialités (pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, gynécologie médicale, dermatologie et urgences) est prévue, ainsi que des revalorisations transversales sur les actes techniques. Par ailleurs, des majorations spécifiques s’appliquent aux consultations longues assurées par les médecins traitants aux patients de plus de 80 ans et aux visites à domicile réalisées dans le cadre de la permanence des soins ou du service d’accès aux soins (SAS).
- Le 1er janvier 2026 marque aussi l’entrée en vigueur du nouveau forfait unique versé par l’Assurance maladie à chaque médecin généraliste en fonction de la taille de sa patientèle et des caractéristiques de celle-ci.
L’ensemble des revalorisations des médecins libéraux représentent une dépense supplémentaire annuelle de 350 millions d’euros pour l’Assurance maladie.
Carnet de maternité
L’arrêté fixant le nouveau modèle de carnet de maternité a été publié le 24 décembre 2025. Il prévoit l’entrée en vigueur d’une nouvelle version au 1er mars 2026 pour suivre les recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP).
Cet outil clé de prévention et de coordination des soins, prévu par le Code de la santé publique, accompagne la femme de la grossesse au post-partum. Il délivre des informations et conseils de prévention, des éléments médicaux partagés entre la femme enceinte et les professionnels de santé qui la suivent tout au long de son parcours, ainsi que des ressources utiles. Le carnet maternité est remis gratuitement par le conseil départemental à la femme lors du premier examen prénatal (soit avant la fin du 3e mois de grossesse).
Confidentiel et protégé par le secret médical, il doit être conservé par la femme enceinte et présenté à chaque consultation.
Compétences des infirmiers
Le décret du 24 décembre 2025 élargit les compétences des infirmières qui peuvent désormais initier des soins relevant de leur rôle propre sans prescription préalable dans un cadre de complémentarité et de façon coordonnée, mais aussi réaliser des consultations infirmières comprenant un bilan clinique, un diagnostic infirmier et un plan de soins infirmiers personnalisé.
Le texte introduit aussi la possibilité de prescrire certains produits de santé et examens complémentaires dans un cadre réglementé et concerté, ainsi que la prise en charge autonome de plaies simples.
Enfin, il renforce leur place dans la coordination des parcours, la prévention, l’éducation à la santé et la vaccination, affirmant l’accès direct aux soins infirmiers et une reconnaissance professionnelle accrue.
Un registre national des cancers
La loi du 30 juin 2025 a prévu la mise en place d’un registre national des cancers au 1er janvier 2026 pour renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients sur l’ensemble du territoire. Ce registre doit recenser l’ensemble des cas de cancers en France en rassemblant des informations issues de différentes sources du système de santé, comme les registres existants, les données de soins, de dépistage, cliniques ou biologiques.
Les données collectées seront traitées de manière strictement encadrée et sécurisée, dans le respect de la confidentialité et de la protection des données personnelles. Leur exploitation permettra de mieux comprendre l’évolution des cancers, de suivre les parcours des patients avant, pendant et après les soins, et d’identifier d’éventuelles inégalités entre les territoires ou les populations.
Piloté par l’Institut national du cancer, ce registre constitue un outil essentiel pour renforcer la prévention, améliorer les politiques de dépistage, évaluer la qualité des prises en charge et soutenir la recherche. Il contribuera ainsi à éclairer les décisions publiques et à améliorer durablement la santé des populations.
Expérimentation contre la soumission chimique
Dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, un décret prévoit le lancement d’une expérimentation relative à la lutte contre la soumission chimique au 1er janvier 2026. Déployée dans les régions Hauts-de-France, Île-de-France, Pays de la Loire et Guadeloupe, pour 3 ans, l’initiative prévoit le remboursement des examens de biologie médicale permettant de détecter un état de soumission chimique, et ce sans qu’il soit nécessaire de déposer une plainte au préalable. Toute personne munie d’une ordonnance prescrite par un médecin mentionnant la recherche de substances impliquées dans la soumission chimique pourra se rendre dans un laboratoire de biologie médicale. Les analyses seront effectuées dans des laboratoires spécialisés en toxicologie et pourront être mobilisées, le cas échéant, dans un cadre judiciaire. Cette expérimentation s’appuie sur l’expertise du Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS).
Ce qui change au 1er janvier 2026 dans le champ des solidarités
Famille et enfance
- Revalorisation des plafonds de ressources des prestations familiales
Conformément à la législation applicable aux prestations familiales, les montants des plafonds de ressources des prestations familiales applicables en métropole, dans les DROM, à Mayotte, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy et à Saint-Pierre-et-Miquelon sont revalorisés de 1,8 % au 1er janvier 2026.
- Revalorisation de l’allocation veuvage
Le montant maximal de cette allocation est porté à 719,58 euros mensuels et le plafond de ressources trimestriel à 2 698,42 euros.
Personnes âgées
- Revalorisation de l’ASPA
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est portée à 1 043,59 euros par mois pour les personnes seules et à 1 620,18 euros par mois pour les couples à compter du 1er janvier 2026.
- Revalorisation de l’allocation simple d’aide à domicile aux personnes âgées
L’allocation simple aux personnes âgées est également portée à 1 043,59 euros par mois pour les personnes seules et à 1 620,18 euros par mois pour les couples à partir de la même date.
- Tarif plancher pour les services habilités à l’aide sociale
Le tarif plancher national est fixé à 25 euros pour la valorisation des heures d’aide et d’accompagnement des services à domicile, dans le cadre des plans d’aide financés par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
Personnes en situation de handicap
- Amélioration de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap
À compter du 1er janvier 2026, une nouvelle convention, signée le 18 novembre 2025 entre l’État, France Travail, le réseau Cap emploi, l’Agefiph et le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), améliore l’accompagnement des personnes en situation de handicap dans l’emploi, mais aussi des employeurs publics et privés. Elle introduit, notamment, un élargissement du cadre conventionnel aux missions d’accompagnement dans l’emploi et une meilleure évaluation et suivi des financements et des performances.
- Tarif plancher pour les services habilités à l’aide sociale
Le tarif plancher national est fixé à 25 euros pour la valorisation des heures d’aide et d’accompagnement des services à domicile, dans le cadre des plans d’aide financés par la prestation de compensation au handicap (PCH).
