Le renouvellement du Sénat se fait par moitié, tous le trois ans. En septembre prochain, la moitié du Sénat sera ainsi renouvelée et 178 nouveaux sénateurs (représentant 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger) siégeront au Palais du Luxembourg. Les élections ont lieu au suffrage universel indirect ; les maires, adjoints aux maires et conseillers municipaux constituent 95 % des 162 000 « grands électeurs » qui élisent les sénateurs. En effet, en tant qu’élus de proximité, ils ont un lien particulier avec leurs sénateurs et avec le Sénat, qui assure la représentation constitutionnelle des collectivités territoriales. Grâce à leur expérience et à leur connaissance du terrain, les sénateurs apportent un appui aux élus, notamment aux maires des petites communes, souvent démunis face aux responsabilités qui leur incombent. Ils peuvent, par exemple, leur fournir tous renseignements sur la préparation du budget.
Composition du collège électoral et désignation des délégués
Afin d’assurer la représentation de l’ensemble des communes, chacune des 34 874 communes désigne au moins un délégué. Le nombre de délégués varie selon la taille de la commune : entre 1 et 15 délégués lorsqu’elle compte moins de 9 000 habitants ; au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Quant aux communes de plus de 30 000 habitants, elles élisent des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal, à raison de 1 par tranche de 800 habitants. Objectif : garantir la représentativité démographique du Sénat et la représentation des grandes aires urbaines.
Attention : le vote des grands électeurs et de leurs suppléants est obligatoire. Ne pas participer au scrutin sans motif légitime entraîne une amende de 100 euros.
Éligibilité et régime juridique du non-cumul des mandats
Pour se présenter aux élections sénatoriales, il faut avoir 24 ans révolus (contre 18 ans pour les élections législatives). Depuis 2014, avec le non-cumul des mandats, un sénateur ne peut pas exercer de fonction exécutive locale. Il ne peut donc être ni maire, ni maire-adjoint, ni président ou vice-président d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI), ni président de département ou de région. Au cas où un candidat élu au Sénat exerce l’une de ces fonctions, il dispose de 30 jours pour démissionner. S’il ne le fait pas, c’est son mandat le plus ancien qui prend fin automatiquement. Toutefois, il est possible d’exercer un mandat local non-exécutif de conseiller municipal ou de membre du conseil départemental ou régional, et de conserver ainsi son lien avec les réalités de son territoire.
Un site internet est dédié aux élections sénatoriales
Le mode de scrutin diffère selon la taille du département. Pour les départements les moins peuplés, où deux sénateurs ou moins sont élus, le scrutin majoritaire à deux tours s’applique. Est élu sénateur celui ou celle qui réunit le plus de voix parmi les grands électeurs de sa circonscription. Dans les départements les plus peuplés, qui comptent trois sénateurs ou plus, c’est un scrutin de liste à la représentation proportionnelle qui s’applique. Les deux du tours scrutin majoritaire ont lieu dans la même journée, tandis que pour la proportionnelle, il y a seulement un tour.
Dans trois ans, seront renouvelés les 170 sénateurs qui ont été élus en 2023.
Toutes les informations relatives aux élections sénatoriales 2026 sont à retrouver sur un site internet dédié. En outre, le Sénat propose une plateforme de consultation des élus locaux, qui leur permet de partager la réalité et le quotidien des territoires avec les sénateurs. Les différentes instances du Sénat peuvent y solliciter l’avis des élus sur les textes de loi ou toute autre question. Plus de 44 000 élus locaux y sont aujourd’hui inscrits.
Marie Gasnier
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En septembre 2026, le renouvellement concerne 64 circonscriptions
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