Cyberattaques : Emmanuel Macron promet une riposte à un milliard après le piratage des hôpitaux

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Après les cyberattaques qui ont ramené deux hôpitaux au « tout papier » en France ces derniers jours, Emmanuel Macron a confirmé jeudi 18 février 2021 un plan d’un milliard d’euros pour renforcer la cybersécurité des systèmes sensibles.

Le chef de l’État a écouté pendant une heure jeudi matin, en visioconférence, médecins et cadres des hôpitaux de Dax et de Villefranche-sur-Saône lui raconter comment des pirates informatiques ont entièrement paralysé leur établissement les 8 et le 15 février dernier.

Dossiers des patients, téléphonie, appareils chirurgicaux, gestion des médicaments, rendez-vous, affectation des lits et des médecins, tout a été bloqué. Post-it, tableaux de services faits à la main et cahiers de rendez-vous ont tant bien que mal pris le relais, mais des opérations ont été déprogrammées et des patients envoyés dans d’autres hôpitaux.

Des équipes de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) sur place s’efforcent depuis de reconstruire des réseaux informatiques sains et de récupérer les données, dont une partie était à l’abri dans des sauvegardes. Il faudra probablement des semaines pour retrouver un fonctionnement normal.

Selon le secrétaire d’État, 110 hôpitaux français ont été « accompagnés dans des audits de sécurité » grâce au soutien de l’Anssi, et « 11 d’entre eux sont accompagnés au jour le jour ».

« Les attaques à l’encontre d’hôpitaux montrent qu’une attaque par rançongiciel peut avoir des conséquences pour la vie des patients dans le monde réel, en mettant en danger la vie des patients », avait établi l’Anssi début février dans un rapport.

En France, « il y a eu 27 attaques majeures d’hôpitaux en 2020, il y en a une par semaine depuis 2021 », a répondu M. O, interrogé au Sénat lors des questions au gouvernement sur l’attaque ayant ciblé le centre hospitalier de Dax (Landes) dans la nuit du 8 au 9 février.

Les hôpitaux, comme toutes les administrations, ont « pour consigne stricte de jamais payer » de rançons, avait rappelé l’Élysée mercredi, alors que ces attaques ont quadruplé en 2020, dont 11 % visaient des hôpitaux.

En pleine pandémie, ces attaques constituent « une crise dans la crise », a noté le chef de l’État.

L’exécutif a prévu d’affecter un milliard d’euros, dont 720 millions de fonds publics, pour renforcer la filière, tripler son chiffre d’affaires à 25 milliards d’euros en 2025 et doubler ses effectifs.

« Beaucoup d’acteurs sont attaqués chaque jour et font l’objet de demandes de rançon, sans le dire », a souligné Emmanuel Macron. « Ce que vous avez subi montre à la fois notre vulnérabilité et l’importance d’accélérer et d’investir. »

Il a salué la prochaine création d’un « Campus Cyber » à La Défense avec une soixantaine des principaux acteurs publics et privés du secteur, qui doit créer un « écosystème de la sécurité, plus soudé et plus performant ».

Les réseaux qui lancent des attaques par rançongiciels ne sont qu’une dizaine, selon Guillaume Poupard, directeur de l’Anssi, en rappelant les succès récent en Ukraine contre les réseaux Emotet et Egregor, grâce à une coopération policière internationale avec une forte implication française.

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