Moins de 16 000 personnes ont demandé en un an le « congé proche aidant »

Aide à domicile

Seules 15 900 personnes ont demandé à bénéficier du « congé proche aidant » depuis l’entrée en vigueur il y a un an de ce dispositif qui permet de s’arrêter de travailler pendant trois mois pour s’occuper d’un proche âgé ou handicapé, a annoncé mardi 5 octobre 2021 la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

Financée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), cette « allocation journalière du proche aidant » (AJPA) atteint 52,08 euros net par jour pour une personne seule, a précisé la Cnaf, en amont de la journée nationale des aidants, mercredi 6 octobre 2021. Un peu moins de 16 000 demandes, « c’est évidemment très peu, au regard des millions d’aidants potentiellement concernés » par ce congé, a commenté auprès de l’AFP Morgane Hiron, la déléguée générale du collectif associatif « Je t’aide ». D’autant qu’au vu de chiffres provisoires communiqués en avril, le nombre de congés réellement octroyés est vraisemblablement largement inférieur, a-t-elle souligné. Selon cette responsable, cela s’explique en partie par la faible notoriété du dispositif – sur lequel « le gouvernement, les associations, mais aussi les employeurs, doivent communiquer davantage » -, mais aussi par son caractère « trop restrictif », qui « ne s’adapte pas à la réalité de tous les aidants ».

Le collectif demande en conséquence qu’il dure plus longtemps, soit mieux indemnisé, et que ses critères d’accessibilité soient élargis – il est octroyé pour assister une personne âgée en perte d’autonomie ou handicapée, mais pas atteint d’une maladie grave, par exemple. Même parmi ceux qui y ont droit, certains y renoncent car, au vu de sa faible durée, ils attendent le moment où leur proche « aura encore plus besoin d’eux », ou car « ils n’osent pas se déclarer auprès de leur employeur, de peur d’être mis au placard », selon cette responsable. La prise de conscience « qu’il s’agit d’un enjeu sociétal et pas individuel » doit encore progresser, a-t-elle insisté.

Cette année, la 12e journée des aidants a pour thème la lutte contre l’« isolement » des personnes concernées, qui naît souvent d’un « cercle vicieux », selon Mme Hiron : « On manque de temps pour soi, donc on renonce à ses loisirs, ou bien on doit s’arrêter de travailler, ce qui nous prive d’un lieu d’insertion sociale ». Un manque de temps dû notamment au grand nombre de tâches : selon une étude Ispos/Unknowns réalisée pour l’assureur Macif et publiée mardi 5 octobre 2021, 91 % des aidants assurent auprès de leur proche au moins une mission relevant du rôle de soignant (soin des escarres, kiné, pansements, etc.). Or beaucoup ne peuvent pas se consacrer exclusivement à leur proche vulnérable : selon une étude publiée mardi 5 octobre 2021 par la Drees, le service statistique des ministères sociaux, quelque 725 000 aidants doivent soutenir leur parent âgé tout en ayant encore des enfants à charge.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2021

Posté le par

Recommander cet article