Arrêté pics de pollution : c’est bien mais insuffisant

Développement durable

Anne Hidalgo s’est « réjouie » lundi 11 avril de la parution d’un arrêté national destiné à améliorer la gestion des pics de pollution de l’air, mais attend un arrêté rapide et « plus efficace » concernant Paris et l’Île-de-France, avec « interdiction rapide » le cas échéant des véhicules les plus polluants.

La maire PS de la capitale, qui a fait de la lutte contre la pollution un des axes majeurs de sa politique, voit deux « évolutions positives » dans cet arrêté paru samedi 9 avril et qui permet un déclenchement des mesures d’urgence (circulation alternée notamment) dès qu’un épisode prolongé est prévu.

Elle a ainsi salué le fait que le seuil « d’alerte » qui permet de déclencher ces mesures d’urgence soit pris au bout de trois jours de « seuil d’information » et non quatre comme précédemment, indique-t-elle dans un communiqué.

Mme Hidalgo a également pris acte avec satisfaction qu’il soit obligatoire de consulter les collectivités.

Elle affirme en revanche sa « déception » concernant des points sur lesquels l’arrêté n’apporte pas de « réponses demandées de longue date », dit-elle.

Mme Hidalgo voudrait ainsi « plus de souplesse » dans la définition des seuils de persistance.

Avec le nouveau dispositif, « on va passer à trois jours mais ces trois jours sont consécutifs », indique à l’AFP Christophe Najdovski, adjoint EELV aux transports. « Parfois, le seuil est dépassé un jour, puis redescend, puis remonte. Et donc il ne se passe rien. Nous voulons une définition plus souple de cette persistance » du pic de pollution, ajoute-t-il.

Mme Hidalgo regrette également que ce phénomène de persistance ne soit « toujours pas prévu pour la pollution à l’ozone », fréquent en Île-de-France en période estivale. « Il y a un seuil tellement haut (360 microgrammes/m3 en moyenne horaire pour le 3e seuil) qu’on ne l’atteint jamais, c’est un niveau chinois », ironise M. Najdovski.

Enfin, malgré les annonces, « aucun pouvoir de décision n’est donné aux collectivités locales et le préfet reste, comme cela était déjà le cas, seul décisionnaire », regrette la municipalité qui voudrait également que les mesures soient prises de manière automatique, sans atteindre la décision du préfet.

La mairie souhaite ainsi que l’arrêté interpréfectoral, la déclinaison francilienne qui suivra cet arrêté national, soit pris rapidement et dans le sens d’un « régime plus efficace », notamment avec l’interdiction rapide des véhicules les plus polluants.

 

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