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L’Ain au chevet de sa forêt

Publié le 23 mai 2022 à 9h00 - par

Dans le département de l’Ain, la filière sylvicole fait l’objet de toutes les attentions. Le Conseil départemental en a fait une de ces cinq priorités de mandat. Pour ce faire, elle a organisé en octobre 2021 les premières Assises du Bois et a proposé, le 6 mai dernier, une restitution de l’ensemble de la concertation pour l’acte II des Assises.

L'Ain au chevet de sa forêt

Jean Deguerry, président de l’instance départementale, en a profité pour faire un certain nombre d’annonces pour soutenir une filière aujourd’hui à la peine.

2 680 heures d’échanges, 149 participants aux groupes de travail… La concertation organisée par le département de l’Ain avec l’ensemble de la filière « bois » n’a pas lésiné sur les moyens. Cette mobilisation a permis de renforcer les actions déjà engagées dans le cadre du Livre blanc départemental de la forêt 2020-2023. Pour sauver son patrimoine et valoriser la filière, le département a décidé de porter son budget 2022-2025 à 800 000 euros, soit une augmentation de 50 % par rapport au dernier budget et à la dernière actualisation de son Livre blanc. « La préservation de la ressource forestière fait partie de nos cinq chantiers prioritaires », affirme Jean Deguerry.

Renforcer l’aide au foncier forestier

Parmi les mesures annoncées, le département souhaite réactiver l’aide au foncier forestier. Lors de la concertation, l’Union des sylviculteurs de l’Ain avait insisté sur la nécessité de planter des essences adaptées à la parcelle en privilégiant les diagnostics de climat pour optimiser les taux de reprises des plants fonciers. L’association avait préconisé une hausse de l’aide au foncier pour acquérir des parcelles forestières dans l’optique d’étendre les tènements. Message reçu puisque le département accordera 20 000 € d’aide directe chaque année aux propriétaires pour faire face aux frais notariés liés aux acquisitions.

Financer des actions forestières vertueuses

L’adaptation de la forêt au changement climatique est une nécessité. « Il s’agit d’un double enjeu pour permettre à la forêt de jouer son rôle de puits de carbone et apporter des garanties financières aux propriétaires publics et privés », assure Jean Deguerry. Deux dispositifs déjà mis en place dans le cadre du Livre blanc – les axes « Construire une ressource financière pour l’avenir » et « Construire une ressource financière pour la plaine et le bocage de l’Ain » – seront renforcés. Face à la concurrence chinoise et américaine sur le bois, le département a décidé d’allouer des aides aux seuls exploitants travaillant avec des scieries labellisées UE (Union européenne). Le département veut inciter les acteurs de la filière à adhérer à Sylv’ACCTES. Cette association promeut la construction de la forêt de demain en finançant des actions forestières vertueuses ayant un impact positif sur le climat, la biodiversité et les paysages. Elle propose depuis six ans une aide financière aux propriétaires forestiers (publics et privés) souhaitant s’engager dans une gestion améliorée de leur forêt. Le conseil départemental entend soutenir les bénéficiaires directs (propriétaires publics et privés) et indirects (exploitants forestiers, bûcherons et scieurs). 27 000 euros seront engagés chaque année sur la ressource et l’adhésion à Sylv’ACTTES. Cette dernière, sur les 5 dernières années, a financé à hauteur de 700 000 € des travaux sylvicoles dans l’Ain.

Le cap sur la modernisation et l’innovation

Des aides seront aussi accordées pour permettre aux entreprises forestières de moderniser leurs équipements (110 000 € chaque année). Le même montant sera mobilisé en direction des entreprises portants des projets novateurs dans les secteurs de l’aménagement bois et des énergies renouvelables ainsi que les projets pilotes de réseaux de chaleur. « Nous sommes en ordre de marche pour soutenir cette filière qui porte l’identité de notre département », conclut Jean Deguerry. D’autres évènements de cette nature seront organisés pour tenir la filière en éveil, notamment pour favoriser la relève sur des métiers qui ont aujourd’hui du mal à recruter.

Stéphane Menu