Les algues vertes affectent essentiellement le tourisme des communes de baignade de la côte bretonne

Développement durable

Le CGEDD a tenté d’évaluer les impacts chiffrés des marées vertes sur le tourisme, ce qui n’est pas simple. L’étude doit se poursuivre avec des critères supplémentaires.

Causée par les flux d’azote liés à l’agriculture, la prolifération d’algues vertes échouées sur le littoral de la côte bretonne est dangereuse pour la santé. Elle ternit l’image de la région et nuit à son attractivité touristique. En 1984, la fermeture d’hôtels et de campings a même entraîné la perte de dotation touristique pour Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor, 473 habitants).

Pour la première fois, le Comité général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) a donc tenté de connaître l’impact réel de ces algues sur le tourisme*, en croisant diverses informations : surfaces d’échouage (Centre d’études et de valorisation des algues), données économiques de fréquentation touristique (Insee) et données climatiques (Météo France). Son étude montre que les algues auraient peu d’impact sur la fréquentation des hôtels et aucune conséquence sur celle des campings. En revanche, le sud du littoral breton et les Pays-de-la-Loire, où les touristes viennent surtout pour se baigner, souffrent davantage.

Les marées vertes ne sont toutefois pas seules en cause ; mauvaises conditions météo, absence d’hébergements satisfaisants ou encore crise économique peuvent aussi expliquer la baisse du tourisme. C’est pourquoi les recherches devront se poursuivre, indique le CGEDD. Avec, par exemple, un maillage territorial et géographique plus précis des données météorologiques. Par ailleurs, certains faits sont liés à la fois à la fréquentation touristique et aux algues vertes : pollution aux nitrates, qualité bactériologique des eaux de baignade, dangerosité de la baignade… Les algues peuvent alors être incriminées à tort.

D’autres familles de modèles devront également être étudiées, pour renforcer la précision géographique et spatiale de l’étude. En effet, les communes sont affectées par la pollution de différents sites en fonction de leur proximité, et il existe potentiellement une forte corrélation spatiale entre les taux de fréquentation des communes voisines. L’échantillon pourra aussi être agrandi, afin de gagner en précision et de tenir compte d’éventuels effets régionaux.

En outre, l’étude pourrait être prolongée pour prendre en compte le facteur temps, car c’est peut-être la persistance des algues vertes échouées sur le littoral chaque année qui est déterminante dans l’évolution de la fréquentation touristique, précise le CGEDD.

Il faudrait aussi pouvoir superposer, aux sites touchés répertoriés par le Ceva (a priori exhaustifs), un inventaire des plages avec leurs coordonnées géographiques et les taux de couverture par les algues.

L’impact des algues sur d’autres dimensions économiques devra, lui aussi, être mesuré : emplois liés au tourisme (hébergement, restauration, activités sportives et récréatives…), fréquentation des résidences secondaires ou encore prix de l’immobilier.

Marie Gasnier

* Source : Marées vertes et fréquentation touristique, avril 2017

 

 Algues vertes : nuisibles mais potentiellement valorisables

Inoffensives en milieu marin, les algues vertes échouées sur les plages se putréfient et dégagent un gaz toxique qui peut être mortel. La modification de l’aspect visuel du littoral et l’odeur des algues en décomposition nuisent à la qualité de vie des habitants et affectent de nombreuses activités : baignade, pêche à pied, randonnées pédestres ou équestres le long des plages. En outre, ramasser et traiter les algues coûtent cher aux communes et impactent la conchyliculture et le tourisme local. En effet, les algues gênent les conchyliculteurs qui passent plus de temps à nettoyer les coquillages, les bouchots ou les nasses d’huîtres. Des chercheurs travaillent à la valorisation des algues vertes en compost ou source d’énergie (méthanisation pour produire du biogaz et éventuellement de l’électricité, bioéthanol). Les débouchés pourraient également être chimiques (fabrication de papier-carton), nutritifs (alimentation des animaux d’élevage et de poissons herbivores) ou cosmétologiques.

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