Concours enseignants du 2nd degré : près de 1 000 postes non pourvus !

Éducation

Les chiffres du ministère de l’Éducation nationale sont imparables : 978 postes présentés aux concours du 2nd degré ne sont pas pourvus. Les deux principaux syndicats concernés tirent à boulets rouges sur l’administration.

À l’issue des capes externes, 978 postes n’ont pas été pourvus. Les disciplines dans la tourmente sont l’anglais (avec 20 % des postes), les mathématiques (avec 39 %), la musique et les lettres classiques (50 %). Tandis que ces chiffres font réagir les syndicats, la directrice générale des ressources humaines du ministère semble sereine. Pour elle, l’explication est à chercher dans deux directions : le ministère aurait d’une part « surcalibré » le nombre de postes offerts et, d’autre part, tiendrait coûte que coûte à « maintenir la qualité du concours », même s’il faut pour cela ne pas recruter à la hauteur des besoins. De toute façon, selon elle, il existe des solutions pour pallier cette carence :

  • le recours à des contractuels ;
  • le fait que les enseignants de STI, qui doivent se reconvertir, pourraient venir combler le déficit en mathématiques.

Du côté des syndicats, c’est une autre analyse qui se profile :

  • Pour le Snes-FSU, il y a à redouter, avec cet épisode, des problèmes d’attractivité des concours en question voire des métiers de l’Éducation, sur le long terme. Ainsi, pour lui, la situation est « alarmante pour l’avenir du 2nd degré ».
  • Pour le SE-Unsa, ces postes non pourvus aux concours enseignants résonnent bel et bien comme la « chronique d’un naufrage annoncé ». Le syndicat confirme qu’il n’est pas très surpris, au vu des multiples interventions faites en ce sens auprès du ministère depuis plusieurs années. Pour lui, il est clair que « la pénurie d’enseignants titulaires guette ». Au passage, il épingle la campagne de recrutement du ministère dont le budget communication a coûté près de 1,3 million d’euros aux contribuables. Les causes ne sont pas nouvelles : des viviers de master « notoirement insuffisants » et une baisse d’attractivité, rejoignant en cela le Snes. Certes, le recours à des contractuels évoqué par Josette Théophile permettra à l’Éducation nationale de limiter la casse mais le SE-Unsa suspecte le ministère de jouer cette carte délibérément. Ainsi, « le vivier de recalés permettrait à l’Éducation nationale de recruter une main-d’œuvre diplômée, au salaire moindre et aux évolutions de carrière extrêmement limitées ».

La rentrée scolaire 2011, qui ne s’annonçait déjà pas sous les meilleurs auspices, risque d’être encore plus difficile que prévu. La grève du 27 septembre 2011 centrée sur les questions budgétaires et le service public d’éducation ne manquera pas de remettre ce sujet sur le tapis, à n’en pas douter.

Posté le par Rédaction Weka

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