Des défenseurs des langues régionales dénoncent le « mépris » du pouvoir

Éducation

Le pouvoir politique actuel cultive le « mépris » à l’égard des langues régionales, ont estimé mercredi 24 avril plusieurs défenseurs de ces langues, qui déplorent que la France n’ait pas ratifié la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.

« On peut parler d’un mépris » sur cette question des langues régionales « de la part du pouvoir politique », a déclaré Gustave Alirol, conseiller régional d’Auvergne et président de « Régions et peuples solidaires », qui se présente comme une « fédération de partis politiques régionalistes et autonomistes progressistes ».

Le texte sur la refondation de l’école et l’acte III de la décentralisation, qui sera soumis prochainement à l’examen des parlementaires, sont par exemple deux textes « qui traitent par dessus la jambe la question des langues régionales », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse. Gustave Alirol a énuméré trois « exigences » pour défendre les langues régionales françaises.

« Nous continuons à réclamer, a-t-il dit, une révision de la Constitution (…) indispensable si on veut donner un véritable statut à nos langues régionales, indépendamment de la ratification de la Charte » européenne des langues régionales et minoritaires.

La « deuxième exigence » porte sur « la prise en compte sérieuse des langues régionales » dans les textes sur la refondation de l’école et l’acte III de la décentralisation. Gustave Alirol a enfin réclamé la « mise sur pied législative d’un cadre statutaire pour les langues régionales ».

Le député européen écologiste François Alfonsi a estimé pour sa part que le gouvernement devait « impérativement, quand il fera une révision constitutionnelle (…), inclure (…) des dispositions qui relancent la question des langues régionales en France ».

Cela doit passer, a-t-il ajouté, par « un renforcement des pouvoirs des régions » permettant de « donner un statut » aux langues régionales, « leur permettre un accès à l’enseignement  tout à fait régulier et normalisé, et non pas optionnel et occasionnel ».

Il faut également « qu’on leur permette d’être présentes dans la vie publique et dans la vie officielle », a ajouté le député européen selon lequel « toutes les langues régionales françaises sont menacées de disparition à plus ou moins long terme ».

« Ce ne sont pas les langues régionales qui vont mettre en péril l’unicité de la République », a lancé le député écologiste Paul Molac. « Les langues amérindiennes sont en danger de mort » en Guyane, a relevé de son côté Jean-Jacob Bicep, député européen écologiste.
 

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Posté le par Rédaction Weka

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