Education: la campagne de lutte contre le harcèlement à l’école est lancée

Éducation

Le ministère de l’Education nationale met en place, ce mardi, une campagne pour « lever le tabou » sur ce phénomène qui touche un élève sur dix en primaire et au collège.

Trois petits films très réalistes présentant des situations de harcèlements entre élèves et mettant en garde contre leurs effets sont diffusés ce mardi sur internet dans le cadre de la campagne « Agir contre le harcèlement à l’Ecole » du ministère de l’Education nationale. Des spots TV plus courts, retransmis sur les chaînes de France Télévisions, et un site web viendront compléter cette campagne destinée à « lever le tabou » sur ce phénomène et à « responsabiliser » élèves, parents et personnels de l’Education nationale pour le combattre. Touchant environ un enfant sur dix en primaire et au collège, à des degrés très divers, le harcèlement peut aller du vol de goûter ou des moqueries aux insultes, brimades ou menaces, jusqu’aux coups, au racket ou aux violences sexuelles.

Ces trois « films viraux », que l’on peut notamment visionner sur les plateformes Dailymotion et YouTube, ont un objectif de « contagion », a expliqué Alexandre Montay, délégué à la communication du ministère. « C’est la première fois qu’une institution comme la nôtre prend la parole de cette façon », a-t-il ajouté. Les films durent environ deux minutes et ont été tournés avec de jeunes comédiens non professionnels, mettant chacun l’accent sur des formes différentes de harcèlement.

Mais le message final est le même : « Le harcèlement à l’école peut avoir des conséquences sérieuses : perte de confiance, troubles psychologiques, dépression, conduites suicidaires. » A chaque fois, les situations sont vues à travers le regard du même élève témoin qui, au final, intervient pour dénoncer le harcèlement. « Cette figure centrale du témoin est un choix délibéré et réfléchi des scientifiques qui ont validé la campagne », a expliqué le chercheur Eric Debarbieux, en évoquant à l’appui de sa démonstration une étude finlandaise et des campagnes à l’étranger. « Le rôle des témoins est primordial car nombre de victimes sont ostracisées. Cela permet de porter une capacité d’indignation, de refuser l’indifférence, de montrer aux agresseurs qu’ils ne dominent pas et de faire prendre conscience que c’est le collectif qui doit réagir », a ajouté Eric Debarbieux.

Enfin, le ministère va lancer un site d’informations pour le grand public. Cette démarche répond notamment aux questions pratiques : « Que faire ? » ou « Qui contacter ? », par le biais notamment du numéro vert « 119 », « Allô Enfance en danger » ou le numéro net écoute « 0820 200 000 » contre le cyberharcèlement. Les internautes peuvent aussi écouter des paroles d’experts, comme les pédopsychiatres Nicolas Catheline et Marcel Rufo, ou encore la directrice de l’association e-Enfance (protection des enfants sur la toile), Justine Atlan.

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Voir les vidéos :
Contre le harcèlement à l’école : les claques
Contre le harcèlement à l’école : les injures
Contre le harcèlement à l’école : les rumeurs
 

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