Éducation : la région Hauts-de-France veut une révision du protocole sanitaire, jugé inapplicable

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La région Hauts-de-France « demande une révision du protocole sanitaire » dans les établissements scolaires, « au constat qu’il ne peut pas être appliqué », a déclaré mardi 3 novembre 2020 à l’AFP Manoëlle Martin, sa vice-présidente en charge des lycées, alors que des enseignants observaient une grève à Roubaix. 

Après plusieurs visites de responsables de la Région lundi 2 novembre dans des établissements scolaires, notamment de son président, Xavier Bertrand, le constat est « que la distanciation d’un mètre n’est pas applicable, ou en tout cas pas appliquée » dans les gros établissements, a relevé Mme Martin.

« Le gros point noir » est la restauration scolaire, mais le problème se pose aussi dans les cours de récréation et pour la circulation des élèves dont peu « ont réalisé » l’impératif de respecter les mesures sanitaires, estime-t-elle.

La Région a alerté le ministère de l’Éducation et est « prête à aider à la réflexion », a-t-elle ajouté, prônant une révision des effectifs, avec des cours « moitié en présentiel, moitié en distanciel ».

« Nous allons certainement mobiliser les régions sur cette thématique », via l’Association des régions de France, a-t-elle ajouté.

Des enseignants du collège et du lycée Baudelaire de Roubaix, dans la Métropole européenne de Lille, se sont de leur côté mis en grève mardi, réclamant « des effectifs réduits » d’élèves, des « moyens pour que l’aération, la limitation du brassage et le nettoyage renforcé soient effectifs » et des masques chirurgicaux pour professeurs et élèves.

« Au lycée, 70 % des professeurs sont grévistes aujourd’hui. Seulement deux cours ont eu lieu ce matin. Au collège, au moins 30 % des enseignants sont en grève, une proportion qui pourrait évoluer », a affirmé à l’AFP Tiphaine Colin, professeur de sciences économiques et sociales et représentante du Snes-FSU.

« Localement, ce n’est pas possible de mettre en place le protocole national sans moyens et les établissements n’ont eu aucun moyen supplémentaire », a-t-elle expliqué, déplorant un « énorme décalage entre le discours et la réalité ».

« On veut à tout prix éviter la fermeture de l’établissement car ça entraîne un fort décrochage scolaire des élèves », a-t-elle ajouté, réclamant des « mesures nationales » pour réduire les effectifs, avec « des allègements de programme et un report du bac ».

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