La Cour des comptes épingle la gestion des enseignants

Éducation

Le 22 mai 2013, la Cour des comptes a rendu public un rapport intitulé « Gérer les enseignants autrement ». Elle est très sévère vis-à-vis de l’Éducation nationale et la somme de réformer en profondeur le système de gestion des enseignants tant pour surmonter la crise des vocations que pour endiguer l’échec scolaire. (1/2)

En France, il y a 837 000 enseignants pour 12 millions d’élèves. Du côté de la performance des élèves, elle se classe 18e sur 34 pays membres de l’OCDE. L’impact de l’origine sociale des élèves sur leurs résultats y est également deux fois plus important que dans les pays qui réussissent le mieux.

La Cour a analysé la gestion des enseignants dans cinq académies : Bordeaux, Lille, Limoges, Nantes et Versailles, soit 227 000 enseignants concernés. Cette enquête a porté sur les établissements publics et privés sous contrat. Des comparaisons internationales avec le Canada, les Pays-Bas et l’Allemagne ont été réalisées et 72 auditions ont été menées. Selon la Cour des comptes, « les principes de gestion du ministère n’ont pas évolué depuis le milieu du XXe siècle et ne permettent pas au système éducatif de relever les nouveaux défis auxquels il est confronté. Ils ont même des effets contraires aux objectifs affichés ».

Une question de moyens ?

Pour la Cour des comptes, cela n’a que peu à voir avec le sujet. Que ce soit du côté de la suppression des 80 000 postes sous Nicolas Sarkozy ou du côté du quinquennat de François Hollande qui promet la création de 60 000 postes, cela ne changerait rien au problème car c’est surtout une question de règles de gestion. La difficulté viendrait de la mauvaise utilisation des moyens, et non de leur carence ou de leur surabondance. Dans sa réponse à la Cour, Vincent Peillon « ne partage pas » ce constat sur les moyens. Il cherche par ailleurs à se décharger de la responsabilité des constats faits en soulignant que ce rapport analysait la situation jusqu’en 2012 et faisait donc état de la gestion des enseignants « par le gouvernement précédent ».

La Cour pointe également le choix fait par le ministère d’investir sur le nombre d’enseignants plutôt que sur la rémunération et, au sein de celle-ci, le fait de privilégier la part indiciaire par rapport à la part indemnitaire. Ainsi, les indemnités des enseignants ne représentent que 11,5 % de la rémunération de base alors que celles des agents de la fonction publique s’élèvent à 25,4 %.

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