Le système scolaire en Outre-mer critiqué par la Cour des comptes

Éducation

Un coût annuel supérieur à celui de la métropole pour des résultats inférieurs, des temps d’enseignement réduits et des conditions plus difficiles : un rapport de la Cour des comptes pointe les défaillances du système scolaire dans les cinq académies d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane et Mayotte).

L’enquête de la Cour, réalisée pour la Commission des finances du Sénat, souligne les spécificités des académies ultramarines : éloignement de la métropole, climat, relief ou configuration archipélagique, équipements collectifs défectueux, taux de pauvreté et de chômage importants, etc. 

« L’enseignement est dispensé dans des conditions plus difficiles qu’en métropole », note le rapport publié jeudi 10 décembre 2020, avec un « taux faible de remplacement des absences des enseignants », et un « temps d’enseignement plus court », « bien que le ministère ne dispose pas de décompte précis ».
 
Il pointe que les taux d’accès au brevet et au bac « se sont améliorés », mais que « les évaluations de niveau montrent des écarts considérables ». 21,5 % des élèves entrant en 6e à La Réunion ont une maîtrise insuffisante ou fragile du français, 25 % à la Martinique, 28,7 % à la Guadeloupe, 44,2 % en Guyane et 75,4 % à Mayotte, contre 13,3 % au niveau national.

La Cour constate pourtant un coût annuel par élève ultramarin « supérieur d’environ 30 % à la moyenne nationale », en raison des « sur-rémunérations » des fonctionnaires en Outre-mer, et de l’extension du dispositif d’éducation prioritaire « à environ la moitié du territoire à la Martinique et à La Réunion et à la quasi-totalité de Mayotte et de la Guyane ». 

Pourtant, « les moyens de l’Éducation nationale ne sont pas ajustés aux besoins », note-t-elle.

L’éducation prioritaire « ne semble plus l’outil approprié », notamment à Mayotte et en Guyane où « de lourdes contraintes (manque de formateurs, distances, rotation des enseignants, etc.) annihilent ses aspects positifs ».
 
La Cour souhaite laisser plus de marge aux recteurs. Elle appelle aussi le ministère, « comme il s’y emploie pour les concours dérogatoires d’enseignants à Mayotte aujourd’hui et en Guyane demain, à assouplir les règles de recrutement ». 

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