Programmes scolaires : des recommandations en attendant leur refonte

Éducation

Le ministère de l’Éducation nationale a publié jeudi 19 juin des « recommandations pour la mise en œuvre des programmes » scolaires en vigueur du CP au CM2, pour permettre aux professeurs des écoles de les ajuster en attendant leur refonte, retardée d’un an.

La réécriture des programmes répond à une attente forte des enseignants et des parents, car ceux en vigueur, qui datent de 2008, sont très critiqués, jugés encyclopédiques et infaisables dans leur intégralité. Les enseignants du primaire avaient été consultés cet automne avant la réécriture des programmes, confiée à une nouvelle structure, le Conseil supérieur des programmes (CSP). Mais ce chantier a pris du retard et le calendrier a été repoussé d’un an : les nouveaux programmes n’entreront en vigueur qu’à partir de la rentrée 2016. En attendant, le ministère avait promis en février de publier « au printemps » des propositions « d’ajustements ».

Les recommandations  publiées ce jeudi visent à aider les enseignants à dégager « des priorités », distinguer dans les programmes « ce qui n’est qu’abordé et ce qui est traité de façon plus approfondie », ce qui est « esquissé » et ce que les élèves approfondiront au collège. Elles ont été diversement accueillies. « On était demandeurs », mais « il y a beaucoup de généralités, on fait quoi concrètement ? », demande Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire. Il regrette « des ajustements bien flous », même si « en maths, c’est à peu près clair ». Le document « comporte des zones d’ombre » avec selon lui « une distinction bien floue entre ce qui doit être étudié à l’école et ce qui est renvoyé au collège ». Il demande « que ces ajustements soient présentés comme une ressource à disposition des professeurs sans obligation de s’en saisir ». « Ça va dans le bon sens, ça remet l’accent sur les choses importantes », estime au contraire Stéphanie de Vanssay au SE-Unsa, deuxième syndicat de l’éducation. « Cela permet d’attendre les nouveaux programmes avec un peu de tranquillité d’esprit. On laisse tomber des choses systématiques au profit du sens ». Ainsi, la règle de trois est renvoyée au collège, « c’est une bonne chose. En primaire, il faut qu’ils  comprennent les situations de proportionnalité, qu’ils manipulent à partir de recettes de cuisine ou choses qui pour eux ont du sens ».

Benoît Hamon doit trouver un successeur au président du CSP Alain Boissinot qui a démissionné avec fracas le 10 juin, estimant que l’instance n’était « pas adaptée » pour remplir sa lourde mission.

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