Retour au collège très calibré dans les « zones vertes » de l’épidémie

Éducation

Au tour des collèges : après le bol d’air du premier week-end déconfiné, des élèves de 6e et 5e sont retournés en classe lundi 18 mai 2020 dans les régions moins touchées par l’épidémie, toujours surveillée de près par crainte d’une deuxième vague.

Pour répondre à la crise sanitaire, le président Emmanuel Macron et la  chancelière Angela Merkel ont prévu de dévoiler vers 17 heures, lors d’une visio-conférence de presse commune, une « initiative franco-allemande » qui portera notamment sur la santé, la relance économique et la transition écologique.

Après le retour en classe d’écoliers, le déconfinement s’est étendu en France aux seuls collèges de « zone verte » où 185 000 élèves ont fait leur rentrée en se pliant à un strict protocole sanitaire, dont le port obligatoire du masque.

Devant le collège Pierre-Puget à Marseille, les élèves tentaient de se rassurer. « On ne risque rien, c’est ma mère qui me l’a dit », a assuré l’un d’eux, Amine.
 
Au collège Debussy d’Angers, « tout est un petit peu impressionnant » pour les élèves, selon Florent Lucas, professeur d’histoire-géographie. « Ils ne peuvent pas changer de salle, il n’y pas de récréation ». Autres nouveautés, « la distribution de masques, le passage aux toilettes obligatoire par binôme ». Mais « c’est une histoire d’habitude, cela va venir vite », estimait-il. 

« Je me sens libéré de revoir enfin des gens à qui je peux parler, faire du vrai travail avec les professeurs », se réjouissait Christian-Pierre, en 5e, trouvant le télétravail « un peu compliqué ».

Cette nouvelle étape du déconfinement scolaire coupe la France en deux : rien n’a ainsi changé lundi pour les collégiens en « zones rouges » qui devront attendre fin mai 2020 pour savoir s’ils retourneront en classe. 

« Aucune visibilité »

Malgré les craintes, le gouvernement continue de défendre ce redémarrage pour renouer avec les quelque 500 000 élèves ayant décroché pendant le confinement. 

« L’enjeu de sociabilité est essentiel pour tous nos enfants », de même que « la transmission des savoirs », a fait valoir le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, en déplacement dans un collège de l’Eure. « J’espère que les conditions sanitaires nous permettront ensuite d’aller plus loin ».  

Des résurgences de l’épidémie grippent parfois ce redémarrage. À Soyaux et La Couronne, dans la banlieue d’Angoulême, des écoles ont été de nouveau fermées après des cas de Covid-19 chez deux membres de l’équipe. Même décision pour une école niçoise après qu’un élève a été testé positif, ou à Roubaix. 

Au total, quelque 70 établissements ont dû fermer ou repousser leur rentrée sur les 40 000 concernés par le déconfinement, selon le ministère.

« Presque à chaque fois, ce sont des cas qui se déclarent à l’extérieur de l’école », a précisé M. Blanquer sur RTL.

Critiqué pour sa gestion de la crise, le gouvernement se veut toutefois rassurant et affirme être en mesure d’« isoler » tout nouveau foyer de contamination. 

« Depuis lundi dernier, nous avons identifié 25 “clusters“ sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel », assurait le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du Dimanche.

Arbitrage

Les autorités surveillent maintenant avec fébrilité l’impact sanitaire du déconfinement, qui a permis de goûter à nouveau pendant le week-end aux joies des promenades en forêt ou sur les plages mais pourrait relancer l’épidémie, qui a tué plus de 28 000 personnes en France.

À Paris, la surveillance des règles du déconfinement, notamment l’interdiction de rassemblements de plus de 10 personnes, ne pourra plus être faite à l’aide de drones, a décidé le Conseil d’État. 

Sur le littoral, aucune trace du coronavirus n’a par ailleurs été détectée dans des échantillons d’eau de mer ou sur les coquillages prélevés sur les différentes côtes françaises, selon l’Ifremer.

Mis sous pression par la crise sanitaire, le gouvernement doit aussi trancher le dossier brûlant du second tour des municipales. Le Conseil scientifique doit lui remettre « dans la journée » son avis et une décision pourrait être prise d’ici à la fin de la semaine.

L’hypothèse d’un scrutin fin juin 2020 fait son chemin au sein de l’exécutif. En attendant, les conseillers municipaux élus dès le premier tour entrent en fonction lundi 18 mai, ouvrant la voie à l’élection des maires et adjoints dans plus de 30 000 communes.

Côté économie, le gouvernement présentera « sous 15 jours » un plan de soutien au secteur automobile et un autre pour l’aéronautique avant le 1er juillet 2020.

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