Rythmes scolaires : 55 maires n’appliqueront pas la réforme « en l’état » en 2014

Éducation

Cinquante-cinq maires, essentiellement de droite ou sans étiquette, regroupés en un collectif, n’appliqueront pas la réforme des rythmes scolaires « en l’état » à la rentrée 2014, a indiqué mardi 12 novembre 2013 le maire d’Élancourt, Jean-Michel Fourgous.

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Éducation RYTHMES SCOLAIRES : UNE EXPÉRIMENTATION À PÉRENNISER Voir le dossier

L’édile de cette commune des Yvelines (27 000 habitants), qui avait lancé en octobre une pétition contre le décret Peillon, a été rejoint par d’autres communes, majoritairement en Île-de-France, dont Courbevoie, Levallois-Perret, Massy, Saint-Maur-des-Fossés, mais aussi Cannes et Mâcon pour les plus importantes.

Les maires de ce « Collectif contre la réforme des rythmes scolaires » ont « pris leur décision : ils n’appliqueront pas la réforme en l’état », a expliqué M. Fourgous lors d’une conférence de presse, soutenu par Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines et chef de file de l’opposition régionale en Île-de-France.

Mme Pécresse a indiqué que la pétition réclamant « le libre choix pour les maires » d’appliquer ou non la réforme, lancée début octobre par l’UMP, avait à ce jour « recueilli 9 500 signatures. « Quand on voit l’insatisfaction que ça dégage chez les parents, les enseignants, les animateurs, et devant l’échec de nos collègues qui sont partis dès la première année, on arrête. Et on n’appliquera pas cette réforme tant qu’on ne saura pas combien ça coûte avec une étude neutre, contradictoire », a dit M. Fourgous.

Il évalue à environ 350 euros par enfant le coût – soit un montant global de 2 milliards d’euros – particulièrement élevé pour les villages ruraux, dépourvus d’infrastructures et de desserte.

Début octobre, l’Association des Maires de France (AMF) avait elle évalué le coût à 150 euros annuels par enfant et chiffré à « entre 600 et 800 millions d’euros » en année pleine le surcoût généré par la réforme. « Combien ça coûte ? Qui paie ? Et puis surtout, à quoi ça sert vraiment ? Si ça détériore les résultats scolaires, il en est hors de question ! » : voilà les « trois questions » que M. Fourgous veut exposer au président de la République. Il a au passage regretté que le chef de l’État ne vienne pas la semaine prochaine au Congrès des maires de France, l’accusant d’être « en fuite en permanence ».

M. Fourgous demande l’abrogation du décret Peillon : « On ne joue pas avec nos enfants, on ne joue pas avec le portefeuille des Français, car derrière c’est 5 à 10 points d’impôts mécaniquement déclenchés ». En outre, a-t-il affirmé, « un décret ministériel ne peut pas générer une automatisation d’augmentation des impôts, cela contrevient au principe constitutionnel de la liberté de gestion des collectivités ».

Pour le premier vice-président de l’Association des Maires de France (AMF) André Laignel (PS), cette pétition de 55 maires « est une pure opération politicienne » : « ils ne peuvent pas dire qu’ils vont désobéir à un texte qui n’existe pas, c’est une tartarinade ! ».

La modification des rythmes touche l’Éducation nationale, les maires « n’ont aucune obligation légale de mettre en place des activités », a-t-il rappelé, ajoutant toutefois qu’après « il faudra qu’ils en débattent avec leur population ». Mais « certains maires sont franchement inquiets », a-t-il souligné, appelant à « ne pas confondre les démarches ».

Le gouvernement a mis en place pour cette rentrée un fonds d’aide aux communes pour la mise en place des nouveaux rythmes scolaires de 250 millions d’euros, dont une bonne partie ne sera pas utilisé puisque seules 4 000 communes appliquent la réforme dès cette année. Toutes les autres devront en principe le faire à la rentrée suivante.
 

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Réformer les rythmes scolaires pour la rentrée 2013

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Le programme de François Hollande annonçait la modification des rythmes scolaires. Cette annonce a été reprise par Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Éducation, lors de son installation. Ainsi une consultation pour refonder l’école a été mise en place affirmant la volonté de modifier le système dès la rentrée 2013.

Le rapport de cette refondation, présenté le 9 octobre 2012 à la Sorbonne, appréhende les rythmes de l’enfant comme outils de changement : les groupes de travail de la refondation de l’école réunis entre juillet et octobre 2012 préfigurent une loi d’orientation pluriannuelle sur l’école. Des mesures ont été prises dès la rentrée scolaire 2012 : application du principe des petites vacances à deux semaines pour la Toussaint et mise à niveau du calendrier scolaire pour récupérer les deux jours sur l’année scolaire.

Téléchargez gratuitement la fiche « Réformer les rythmes scolaires pour la rentrée 2013 » : après un historique du processus, elle exposera les enjeux de la réforme des rythmes scolaires qui fait partie des thèmes au cœur de la concertation pour la refondation de l’école.

Cette fiche extraite du service documentaire L’action éducative en pratique vous est offerte par les Éditions Weka.

 

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