Sénatoriales : quatre femmes élues en Outre-mer, les équilibres se maintiennent

Élus

Entre les municipales chaotiques de mars et juin 2020 et la perspective des régionales et départementales au printemps prochain, s’est tenu dimanche 27 septembre 2020 une élection particulière qui a permis le renouvellement de la moitié des membres du Sénat, dominé par l’opposition de droite. En Outre-mer, quatre femmes ont été élues dimanche sénatrices sur sept sièges à pourvoir, dans des territoires où s’imposent souvent les majorités locales, loin des enjeux nationaux, mais où les équilibres entre majorité gouvernementale et opposition se maintiennent.

À Wallis-et-Futuna, premier territoire à voter, avec 10 heures d’avance sur Paris, Mikaele Kulimoetoke (DVG, mais référent LREM dans l’archipel) a créé la surprise en détrônant Robert Laufoaulu (DVD), qui siégeait au palais du Luxembourg depuis 1998. Candidat pour le groupe d’opposition de l’assemblée territoriale, il a recueilli 12 voix sur 21 au deuxième tour contre le sortant. En tout cinq candidats briguaient le siège de sénateur.

Dans les Antilles, Micheline Jacques (Les Républicains), unique candidate à Saint-Barthélemy, a été élue sénatrice au premier tour, en obtenant douze voix sur les 21 grands électeurs appelés aux urnes, soit 57 % des suffrages. Directrice d’école, Micheline Jacques succède à Michel Magras (LR) qui était le premier sénateur de cette île de 10 000 habitants, devenue Collectivité d’Outre-Mer en 2007. Il était aussi le président de la délégation Outre-mer du Sénat.

Dans l’île voisine de Saint-Martin, une autre femme, Annick Pétrus (apparentée Les Républicains), candidate soutenue par la majorité territoriale, remporte l’élection largement au second tour (15 voix sur 21) et succède donc à Guillaume Arnell (DVG), qui se représentait. Conseillère territoriale, 3e vice-présidente de la collectivité, la première femme sénatrice de l’île partait largement favorite.

En Guyane, seul territoire français d’Amérique du Sud, le sénateur LREM Georges Patient a été réélu dès le premier tour pour un troisième mandat, avec 53,98 % des voix des 533 grands électeurs.

L’autre siège est revenu à la maire de Cayenne, Marie-Laure Phinėra-Horth (DVG), élue pour la 1re fois à ce poste. Le sortant Antoine Karam (LREM) ne se représentait pas. Mme Phinėra-Horth est sous le coup d’une enquête pour emploi fictif présumé au centre hospitalier de Cayenne.

Enfin, en Polynésie, dernier territoire français à voter avec 12 heures de retard sur Paris, Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch (DVC tous les deux), les deux candidats soutenus par le Président de la Polynésie française Édouard Fritch (proche LREM), ont été élus sans surprise dès le premier tour à Papeete par les 726 grands électeurs de cette collectivité d’Outre-mer, avec chacun 68,23 % des voix.

Lana Tetuanui était sénatrice sortante (apparentée Union centriste), mais c’est un premier mandat pour Teva Rohfritsch, qui était vice-président du gouvernement local jusqu’à début septembre, et remplace Nuihau Laurey (qui se représentait). Le leader indépendantiste Oscar Temaru, qui se présentait, n’a recueilli que 11,88 % des suffrages.

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