Hydrogène décarboné : il faut aller plus vite pour baisser les coûts, dit l’AIE

Énergie

L’hydrogène bas carbone bénéficie d’un élan inédit des États et des entreprises, mais il faut plus d’efforts, et plus vite, pour baisser ses coûts et permettre l’essor de cette énergie à même de verdir industrie et transports lourds, prévient lundi 4 octobre 2021 l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« Les gouvernements doivent agir plus vite et de manière plus déterminée », résume ce rapport spécial.

En 2019, seuls la France, le Japon et la Corée du Sud avaient un plan hydrogène. Deux ans plus tard, 17 États ont publié une stratégie, plus de 20 y travaillent. Des projets pilotes sont en cours pour faire de l’acier ou de la chimie avec cette énergie plutôt qu’avec du charbon.

« Dans le passé, l’hydrogène bas carbone a donné lieu à des faux départs. Cette fois, nous voyons de réjouissants progrès », souligne le directeur de l’AIE Fatih Birol. « Les gouvernements doivent agir rapidement pour abaisser les barrières qui brident sa croissance, essentielle si le monde veut garder une chance d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ».

L’hydrogène, utilisé depuis longtemps dans le raffinage ou la production d’engrais, est aujourd’hui produit quasi intégralement à base d’énergie fossile : il émet près de 900 millions de tonnes de CO2, autant que Royaume-Uni et Indonésie combinés.

Décarboné, il pourrait aussi servir à verdir des secteurs sans alternative (poids lourds, aviation, acier…).

« Le principal obstacle » reste son coût de production, note l’AIE, car il nécessite de grandes quantités d’électricité décarbonée.

En attendant les avancées technologiques et les économies d’échelle pour le rendre compétitif, il faudra des mesures et financements pour compenser l’écart de prix avec l’hydrogène d’origine fossile qui, selon les cours du gaz, peut coûter deux à sept fois moins que celui produit avec des renouvelables.

Pour cela, prix du carbone, quotas, commandes publiques sont autant d’outils.

Des mesures manquent aussi pour soutenir la demande de cet hydrogène décarboné, pointe l’AIE. Sans cela, il sera difficile de développer les infrastructures de stockage et d’acheminement, note l’Agence, qui appelle à plus de coopération internationale.

Les pays dotés d’une stratégie ont prévu 37 milliards de dollars d’investissements et le secteur privé a annoncé 300 milliards de plus. Mais pour la neutralité climatique en milieu de siècle, il faudrait 1 200 milliards d’ici 2030, a calculé l’Agence.

Les capacités en électrolyseurs, qui permettent de tirer l’hydrogène de l’eau via l’électricité, ont doublé depuis 5 ans, avec près de 400 projets en développement. Cela permettrait de produire 8 millions tonnes d’hydrogène d’ici 2030, loin encore des 80 millions prévus par l’AIE dans son scénario de neutralité carbone.

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