Dans la continuité de la commission présidée par Boris Cyrulnik ayant rendu ses travaux en 2020, la nouvelle feuille de route de la politique des 1 000 premiers jours de l’enfant, qui couvre la période 2025-2027, prévoit sa déclinaison territoriale. La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a ainsi adressé le 8 décembre 2025, aux préfets de région et aux directeurs généraux des Agences régionales de santé ARS), une instruction qui pose le cadre de cette déclinaison. Autour de trois objectifs qui font l’objet d’un appel à projets piloté par les ARS, à partir desquels susciter des initiatives locales.
Accompagner les projets de « Maisons des 1 000 premiers jours » sur l’ensemble du territoire
Ce premier objectif vise à encourager le déploiement progressif des « Maisons des 1 000 premiers jours » sur l’ensemble du territoire national. Une centaine de projets existent déjà.
Les crédits de l’appel à projets pourront soutenir, par exemple :
- Le renforcement d’équipes permanentes ou le recrutement d’équipes dédiées à l’accueil et l’accompagnement des futurs et nouveaux parents (sage-femmes, puériculteurs/trices, éducateurs/trices de jeunes enfants ou psychologues). Des synergies possibles avec les autres structures sanitaires et sociales pourront être envisagées ;
- Le renforcement de la formation des professionnels ;
- Le soutien de partenariats structurants sur le territoire pour enrichir les démarches d’accompagnement à la parentalité, y compris en matière d’éveil artistique et culturel ;
- Des investissements dans l’aménagement des espaces ;
- La création d’outils dédiés et/ou le relais de campagnes d’information-prévention.
Protéger les enfants des risques d’exposition aux écrans et accompagner les parents dans leurs usages des écrans
Cet objectif est la traduction des recommandations consensuelles en matière d’exposition inappropriée aux écrans. À savoir : de 0 à 3 ans, les enfants ne sauraient être exposés directement aux écrans multimédias individuels (smartphone, tablette, ordinateur, télévision).
Les crédits de l’appel à projets sur cet objectif pourront soutenir, par exemple :
- L’organisation et l’animation d’ateliers thématiques d’information et de sensibilisation à destination des (futurs) parents sur les risques d’exposition directe et indirecte des enfants aux écrans (technoférence) ;
- Les outils et ressources pour sensibiliser les (futurs) parents aux risques de l’exposition aux écrans, élaborés selon une conception universelle ;
- Les démarches, outils et ressources pour accompagner les parents dans leurs propres pratiques et usages des écrans, élaborés selon une conception universelle. Ces projets pourront utilement intégrer un volet proposant aux parents des alternatives aux écrans dans les interactions avec leur enfant, pour promouvoir l’éveil et l’éducation aux arts, à la culture, à la nature, au sport ;
- Les démarches, outils et ressources pour former les professionnels de la santé, la petite enfance ou l’éducation aux risques liés à l’exposition aux écrans, en mobilisant aussi les ressources sur l’éveil aux arts, à la culture et à la nature.
Soutenir des initiatives favorisant la place des pères et/ou des co-parents dans le parcours des 1 000 premiers jours de l’enfant
Ce troisième objectif met en exergue les enjeux de la place des pères et/ou des co-parents lors de la période des 1 000 premiers jours, partant du constat d’une carence d’une offre de services dédiés et de la persistance d’une inégale distribution des rôles entre les parents.
Les crédits de l’appel à projets pourront soutenir, par exemple :
- L’organisation et l’animation d’ateliers thématiques à destination des pères et/ou co-parents pour se projeter dans sa (future) parentalité ;
- Des actions impliquant les pères et/ou co-parents contribuant concrètement au développement de l’enfant (soins, portage, massage, langage, alimentation, sommeil…) ;
- L’organisation et l’animation de groupes de pairs ou favorisant la participation des pères ou co-parents à des programmes de soutien psychologique ;
- Des actions d’information, de sensibilisation, sur les enjeux de la parentalité des pères et/ou des co-parents ;
- Des actions visant au changement des représentations ou des pratiques en matière d’exercice de la parentalité des pères et/ou co-parents (formations, articulation des temps de vie professionnelle/familiale).
Le lancement de l’appel à projets
Les ARS doivent organiser un appel à projets par département sur les trois objectifs visés. L’ambition est de faire émerger, dans chaque région, au moins un projet relatif à chacun des objectifs. Doté d’une enveloppe nationale de 2,2 millions d’€, l’appel à projets est ouvert aux :
- Associations ou fondations reconnues d’utilité publique à caractère social ou sanitaire ;
- Gestionnaires d’établissements de santé, sociaux ou médico-sociaux, gestionnaires d’établissements d’accueil du jeune enfant ;
- Collectivités territoriales ;
- Entreprises de l’économie solidaire ;
- Acteurs du secteur privé lucratif, « sous réserve qu’ils mettent en place une gestion désintéressée », précise l’instruction.
Le calendrier indicatif
Après la réception de l’instruction par les ARS, tout va aller très vite.
- Déclinaison territoriale de l’appel à projets : janvier-février 2026 ;
- Instruction des dossiers/programmation des projets : février-mars 2026 ;
- Signature des conventions avec les porteurs de projets : avril 2026.
Les projets se dérouleront sur l’année 2026, insiste le ministère.
